Le Tribunal donne raison à un employeur qui a congédié un homme pour harcèlement sexuel

MONTRÉAL - Un travailleur qui avait empoigné la fesse d’une collègue de travail et qui avait comparé les femmes à des vaches, puis qui avait été congédié, a perdu sa cause devant le Tribunal. Il alléguait avoir été congédié à cause de ses absences pour maladie.

Le Tribunal administratif du travail donne plutôt raison à l’employeur, Emballages LM, de la région de Chaudière-Appalaches, qui a congédié le travailleur, Jean Corriveau, pour harcèlement sexuel, le 31 mai 2018. Il conclut que les absences pour maladie du travailleur n’ont aucun lien avec sa fin d’emploi.

La preuve a démontré que le jour de son congédiement, à la sonnerie de la pause du matin, M. Corriveau, qui travaillait à côté d’une collègue, s’est faufilé dans un espace exigu près d’une machine pour agripper la fesse de sa collègue, au point où son paquet de gommes est sorti de sa poche.

La travailleuse, surprise et insultée, a dit à voix haute qu’elle venait de se faire prendre une fesse. Elle l’avait aussi répété en direction de son chef d’équipe, relate la juge administrative Hélène Bédard, dans sa décision. Le chef d’équipe, qui travaille à proximité, est témoin de l’incident et entend les paroles de la travailleuse.

M. Corriveau, qui était sorti à l’extérieur de l’usine pour sa pause, avait pourtant nié le tout, affirmant qu’il n’avait travaillé avec aucune femme cette journée-là et qu’il n’avait pas vu la travailleuse en question.

Devant le Tribunal, M. Corriveau avait insisté sur le fait que les espaces de travail étaient restreints et que les collègues étaient pris pour se frôler ou se toucher.

Le Tribunal souligne que «curieusement, il explique que c’est la deuxième fois qu’on l’accuse, sans fondement, d’avoir agrippé la fesse d’une femme. Il l’aurait fait l’année précédente lors de sa formation professionnelle, mais cette fois c’était pour retenir une collègue qui chutait devant lui».

La juge administrative Bédard note qu’à cela «s’ajoutent d’autres gestes déplacés» qui sont rapportés au patron dans la journée. Des superviseurs et salariées lui rapportent d’autres gestes et paroles déplacés de la part de M. Corriveau dans les semaines précédentes. «Il collait une collègue au point qu’elle demande à son superviseur de ne plus travailler à ses côtés; lors d’une discussion, il compare les femmes à des vaches; il appelle une collègue comme si elle était un chien», relate le Tribunal.

Le patron ignorait ces incidents jusqu’à ce jour.

Lorsqu’il avait été confronté, cette journée-là, M. Corriveau avait reconnu ces derniers gestes et paroles et s’en était excusé, comme il l’avait fait devant le Tribunal. En ce qui a trait à l’incident au cours duquel il avait agrippé la fesse de sa collègue, «il ne nie pas, mais ne l’admet pas, il hausse les épaules», relate la juge administrative Bédard.

Il avait donc été aussitôt congédié pour harcèlement sexuel. «Pour le Tribunal, la nature des fautes commises justifie le congédiement. Dans les circonstances, des propos à ce point déplacés et inconvenants ne constituent pas un prétexte pour camoufler un motif illégal de fin d’emploi. En bref, les absences de M. Corriveau n’ont aucun lien avec sa fin d’emploi», tranche la juge.