Même si la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction ont fait savoir aux grutiers syndiqués qu’ils devaient «cesser immédiatement toute grève ou ralentissement de travail» et qu’ils étaient «dans l’obligation d’offrir immédiatement leur prestation normale et habituelle de travail», ils ne sont pas rentrés au travail vendredi dernier.

Le syndicat des grutiers demande à ses membres de retourner au travail

Le syndicat des grutiers demande à ses membres de mettre fin à leur grève illégale qui dure depuis plus d’une semaine et de retourner sur les chantiers.

Dans une lettre transmise par courriel aux grutiers et publiée sur Internet lundi soir, le président de l’Union des opérateurs grutiers, Evans Dupuis, les enjoint à «cesser toute grève ou tout ralentissement de travail».

Jeudi soir dernier, le juge administratif Alain Turcotte, du Tribunal administratif du travail, a ordonné aux grutiers de rentrer au travail.

Le leader syndical assure toutefois ses membres que la section locale 791-G de la FTQ-Construction n’abandonne pas ses revendications «plus particulièrement, la santé, la sécurité et l’intégrité des travailleurs et du public».

Appels répétés des centrales syndicales

Tant la FTQ-Construction que le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction avaient fait savoir dans les derniers jours aux grutiers syndiqués au sein de leur section locale respective qu’ils devaient «cesser immédiatement toute grève ou ralentissement de travail» et qu’ils étaient «dans l’obligation d’offrir immédiatement leur prestation normale et habituelle de travail», en vertu du jugement.

Sauf que les grutiers ne les ont pas écoutés et qu’ils s’étaient encore une fois absentés des chantiers vendredi.

Après la FTQ-Construction, même la centrale syndicale FTQ, qui a plus de 600 000 membres, avait diffusé un communiqué, demandant aux grutiers de rentrer au travail.

«La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec demande au gouvernement du Québec de former un comité indépendant afin d’étudier l’aspect sécuritaire du nouveau règlement qui modifie la formation des grutiers et grutières. Dans un même temps, la FTQ, qui soutient les revendications des grutiers et grutières, demande à ces derniers et au syndicat de respecter l’ordonnance émise hier et de fournir leur prestation normale de travail», avait-elle déclaré.

La grève s’était généralisée à l’ensemble des chantiers du Québec le lundi 18 juin, mais dès le jeudi précédent, les grutiers s’étaient absentés du chantier du nouveau pont Champlain, à Montréal.

«Le vrai test»

«Demain [mardi], c’est le vrai test pour les grutiers et pour le gouvernement, pour qu’il fasse respecter la loi», a lancé au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi après-midi, Éric Côté, vice-président principal de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec.

«C’est la responsabilité du gouvernement de faire appliquer les lois. Il y a eu une décision, aussi, du Tribunal administratif et il y a la Loi R-20 qui est en violation. Les entrepreneurs en construction, pour des infractions bien mineures, se voient imposer des pénalités. Dans ce cas-ci, on n’a pas vu de contraventions qui ont été servies à personne. On est de moins en moins dans un État de droit; c’est fort préoccupant», a commenté M. Côté.

Les grutiers protestent contre les modifications qui ont été apportées à leur formation. Ils invoquent la sécurité du public et des travailleurs de la construction.

Lors de l’audience du Tribunal, jeudi dernier, il avait été mentionné que le Québec compte 1856 grutiers, dont 1573 sont membres d’une des deux sections locales, soit la 791-G de la FTQ-Construction ou la 905 du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International).