Un ours comme celui-ci a dû être abattu à la suite d’une collision avec un véhicule sur le boulevard des Allumettières, dans le secteur Aylmer.

Le SPVG abat un ours blessé

Un ours impliqué dans une collision avec un véhicule a été abattu par des policiers, mercredi après-midi, dans le secteur Aylmer à Gatineau.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a dû intervenir sur le boulevard des Allumettières, à la hauteur du chemin Vanier, peu avant 13 h. Un véhicule venait d’y frapper un ours. « Celui-ci se trouvait non loin du lieu de l’impact et, bien que vivant, il présentait des blessures sérieuses, relate le SPVG. Face aux souffrances évidentes de l’animal, celui-ci a été abattu sous les recommandations du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. »

Le SPVG a reçu de nombreux appels signalant la présence d’ours au cours des dernières semaines, entre autres près d’établissements scolaires, « plus particulièrement près du parc de la Gatineau et d’endroits boisés ».

Or, les agents de la protection de la faune notent qu’il ne s’agit pas d’une situation anormale pour cette période de l’année, précise le SPVG. La semaine dernière, un ours avait même forcé le bouclage d’un secteur du marché By, à Ottawa.

« Chaque appel est traité au cas par cas, note le SPVG. Le niveau de risque est constamment réévalué en prenant en considération le lieu, le moment de la journée et l’achalandage ainsi que d’autres facteurs tels que l’état de l’animal. »

Avant d’abattre l’ours blessé mercredi après-midi, les policiers de Gatineau étaient aussi intervenus en matinée près du Club de golf Gatineau, dont le terrain a été évacué pendant plus de deux heures en raison de la présence d’une ourse et de ses deux oursons.

La CSPO écrit aux parents

La Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) a pour sa part jugé nécessaire d’envoyer un message aux parents des écoles de son territoire, mercredi, « en raison du nombre élevé de signalements d’ours » dernièrement.

Lundi, deux ours avaient été repérés et neutralisés par les autorités près de l’école du Plateau, dans le secteur Hull.

Mardi, c’était autour de l’école de la Forêt, dans le secteur Aylmer. La présence d’un ours à proximité avait forcé la direction à garder les élèves marcheurs dans l’établissement après la fin des classes, jusqu’à ce que leurs parents viennent les chercher.

Le directeur général de la CSPO, Jean-Claude Bouchard, invite donc les parents à « demeurer vigilants pour assurer la sécurité » des enfants. « Si vous constatez la présence d’ours à proximité d’une école, veuillez svp contacter la direction de l’école pour qu’elle puisse prendre les mesures appropriées afin d’assurer la sécurité de tous », écrit-il dans le message envoyé aux parents.

Il invite également les parents à informer leurs enfants des mesures de sécurité à prendre s’ils aperçoivent un ours. Il importe notamment de faire du bruit en tapant des mains, en chantant ou en parlant fort, de rester calme et de reculer lentement « tout en gardant l’ours en vue ». Il est également recommandé que les enfants marchent en groupe, ce qui diminue les risques d’affrontement avec un ours.

Avec Mario Boulianne, Le Droit

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PEDNEAUD-JOBIN RACONTE SON FACE-À-FACE AVEC UN OURS

Le maire devait avoir huit ans. Comme chaque année, Maxime Pedneaud-Jobin allait camper avec son père et son frère dans le parc de La Vérendrye. 

« Un matin, on se réveille parce qu’on entendait du bruit, et moi j’étais couché face à la fenêtre de la tente, et en ouvrant les yeux il y avait un ours qui nous regardait, a-t-il raconté, mercredi matin, avec toute la pudeur qu’on lui connaît quand il fait une incursion dans sa vie privée. Ç’a été mon premier contact intime avec un ours. On avait passé une grande partie de la journée dans l’auto pour se protéger. »

Évidemment, avec le nombre de signalements d’ours dans les rues de Gatineau depuis quelques jours, près des écoles ou sur les terrains de golf, le maire Pedneaud-Jobin ne conseille pas aux citoyens de s’embarrer à double tour dans leur voiture en attendant que les ours mettent fin à leur virée touristique dans Gatineau. 

Il rappelle plutôt qu’il faut adopter un comportement particulier devant les ours. « On n’approche pas, c’est un animal sauvage, mais ce n’est pas inhabituel », dit-il. 

Une situation semblable avait été observée à Gatineau, il y a quelques années, après un hiver particulier, alors que les ours descendaient du Parc de la Gatineau, a mentionné M. Pedneaud-Jobin. « Je ne suis pas inquiet dans la mesure où il y a une surveillance qui se fait par Québec et notre service de police, a-t-il affirmé. On suit ça de proche. L’Ours n’a pas d’affaire en ville. Ça fait jaser, et je dis à la population qu’on suit ça. » Le maire ajoute que les citoyens doivent prendre le temps de le signaler les autorités dès qu’ils voient un ours en milieu urbain.