Quelques-uns des artisans de La Voix de l’Est lors de la soirée organisée au MacIntosh de Bromont.

Le silence et le bruit

MOT DU RÉDACTEUR EN CHEF / Depuis deux semaines, on parle du risque que des voix s’éteignent dans les régions du Québec.

Ici, on craint que La Voix de l’Est se taise et ne laisse plus place qu’au silence. Vrai que le silence menace notre région. Dans le silence, on ne raconte plus. On ne dénonce plus. On ne célèbre plus. Le silence, c’est la chape de plomb imposée au peuple dans les régimes totalitaires. Le silence, c’est ce qu’on impose aux victimes.

Le silence est stérile. Stérile pour les citoyens, stérile pour les politiciens. Stérile pour les artistes, les athlètes, les entrepreneurs. Stérile pour tous.

Mais pire que le silence, il y a le bruit.

Dans le bruit, on n’entend plus l’appel à l’aide. On n’entend plus les cris de joie ou les pleurs. Dans le bruit, on ne saisit plus les paroles, on ne distingue plus les compliments des insultes. Dans le bruit, tout le monde parle, crie, mais personne ne s’écoute. Du bruit, les réseaux sociaux en sont remplis. Tout le monde a le droit de parole, mais peu nombreux sont ceux qui en font usage avec discernement.

Et dans le bruit, le seul qui arrive à se faire entendre, c’est celui qui crie le plus fort ou qui compte sur le plus d’adeptes. Sa prétention devient alors la vérité pour ceux qui l’écoutent. Le plus petit, celui qui n’a pas de moyens, est noyé dans la clameur.

Le silence, c’est la fin de l’affirmation de qui nous sommes.

Le bruit, c’est sombrer dans l’hégémonie culturelle du plus grand nombre.

Le silence, c’est taire l’exploit d’un jeune sportif local, les premiers pas sur scène d’un artiste d’ici, les idées audacieuses d’un entrepreneur de la place. Le bruit, c’est entendre parler seulement du Canadien, de Taylor Swift et de Google, Apple, Facebook et Amazon.

Le silence, c’est laisser les décideurs gouverner sans se soucier du point de vue du peuple, sans avoir à rendre de compte ou à défendre leurs décisions. Le bruit, c’est ne voir passer dans son fil d’actualités que des nouvelles sur Donald Trump.

Besoin de vous tous

Nous aurons besoin de l’appui de chacun d’entre vous afin que La Voix de l’Est puisse continuer à combattre le silence et atténuer le bruit.

Aux abonnés de notre version papier, nous avons besoin de chacun de vous. Vous êtes ceux à qui nous avons d’abord parlé au cours des 80 quelques années de notre existence.

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Aux entrepreneurs de la région qui font la promotion de l’achat local, passez de la parole aux actes.

Vous demandez aux gens d’acheter leurs souliers dans votre boutique plutôt que sur Amazon, achetez donc de la publicité dans vos médias locaux plutôt que sur Facebook. La richesse collective, ça se bâtit d’abord dans son quartier, dans sa ville, dans sa région.

Aux politiciens, ramenez vos avis publics, annoncez dans nos pages et faites comprendre à vos collègues l’importance de maintenir l’information régionale en vie. Vrai que nous ne sommes pas toujours tendres envers vous, que certains matins, on doit vous mettre plus en colère que de bonne humeur, mais je sais que vous reconnaissez la valeur inestimable de l’existence d’un quotidien dans notre région.

Aux artisans de La Voix de l’Est, gardez le moral. Ce que nous faisons chaque jour est d’une importance capitale. Oui, La Voix de l’Est est le plus petit journal quotidien du Québec, mais sa taille en fait sa plus grande force. Plus que jamais, nous sommes soudés, unis, résilients et déterminés à traverser cette tempête.

Ensemble, tout est possible.

Entre le silence et le bruit, je choisis de faire entendre ma voix, celle de La Voix de l’Est.

Et vous, que choisissez-vous?