Le SFPQ envoie une lettre d’avocat à ses propres conseillers pour du piquetage

MONTRÉAL - Les négociations entre le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, comme employeur, et ses propres employés ont pris une tournure inusitée, alors que le SFPQ leur a adressé une mise en demeure, après qu’ils eurent dressé des piquets symboliques à l’entrée des bureaux du syndicat, à Québec.

Le petit syndicat qui représente 24 conseillers syndicaux permanents à l’emploi du SFPQ négocie actuellement pour renouveler sa convention collective. Et, selon la présidente du petit syndicat, Sylvie Vallières, la situation est tendue.

Ce syndicat, l’Association des personnes membres des comités permanents du SFPQ, déplore le fait qu’il y a eu des suppressions de postes, notamment une de conseillère à la condition féminine, alors que le grand syndicat est composé d’une majorité de femmes.

Et jeudi dernier, l’association a reçu une mise en demeure d’un cabinet d’avocats, après avoir dressé des piquets symboliques près des bureaux du SFPQ. «Cette activité de piquetage est illégale puisqu’elle contrevient au droit de propriété de l’Employeur en empêchant la liberté d’accès à la porte principale de son siège social», y est-il écrit.

En entrevue, le directeur général du SFPQ, Denis Landry, a confirmé l’envoi de la mise en demeure à ses employés syndiqués. «Lors d’une ligne de piquetage, la norme c’est de donner le libre accès» aux visiteurs, aux non-syndiqués et aux membres de l’autre syndicat. «Ce n’était pas le cas, donc on voulait tout simplement s’assurer qu’en après-midi, étant donné qu’il y avait d’autres instances, qu’on puisse continuer à faire ça effectivement de façon adéquate», a-t-il expliqué.

Il affirme que les piqueteurs «bloquaient vraiment» l’accès par cette porte.

Mais la présidente de l’association des conseillers syndicaux, Sylvie Vallières, qui lui a répliqué, assure que c’est faux. «Personne n’a été empêché de rentrer.»

M. Landry nie l’existence de tensions avec ce petit syndicat. «On est en négociation et c’est en bonne et due forme qu’ils font des moyens de visibilité comme remettre des dépliants. Et du piquetage, c’est normal.»

Mais Mme Vallières rapporte au contraire que ses membres ont été «heurtés» par l’envoi d’une mise en demeure de la part du syndicat employeur. Cette mise en demeure «a mis le feu aux poudres», a-t-elle relaté.

Elle dénonce ce comportement du syndicat-employeur. «Tout ce que le SFPQ dénonce comme syndicat, il le fait à titre d’employeur.»