Le PQ verse dans l’autodérision avec sa campagne publicitaire

Le Parti québécois (PQ) a des défis à relever, mais est capable de surprendre: voilà ce qui serait derrière la dernière campagne publicitaire de la formation politique, qui mise sur l’autodérision. Un constat qui se veut aussi applicable au résultat du scrutin du 1er octobre.

«La différence entre un péquiste et un dentiste? Les deux en arrachent, mais travaillent pour votre bien», pourra-t-on notamment lire bientôt sur des panneaux publicitaires en bordure de route.

Des plaisanteries du même ordre ont déjà été publiées en ligne sur les diverses plateformes numériques de la formation indépendantiste. Les publicités radio se veulent sur le ton d’un humoriste qui raconte des blagues à son public.

«Amusantes et irrévérencieuses» sont les mots utilités par le parti pour décrire ses nouvelles publicités, qui seront également diffusées à la radio dans plusieurs régions de la province.

«C’est une campagne estivale, qui se veut légère et rieuse», a fait valoir en entrevue téléphonique le député Pascal Bérubé. Il croit que les Québécois aiment l’humour et souhaitent que le discours politique soit plus accessible.

Le député de Matane-Matapédia soutient toutefois qu’il n’est pas seulement question de plaisanter.

«On est capables de rire de nous-mêmes, mais en même temps on a un message important à passer aux Québécois: les idées, les projets qu’on porte et notre fantastique équipe», dit-il.

Et ça marche, ajoute M. Bérubé. Le député soutient que la campagne a déjà reçu de bons commentaires sur les réseaux sociaux et aussi de la part d’influenceurs.

Mais que cela donne-t-il, de rire de soi ainsi quand l’objectif est de faire élire le plus de députés possible?

«Cette autodérision montre qu’on a de l’humilité, explique-t-il. Qu’on sait qu’on a des défis à relever, et aborder cela en toute franchise. (...) Cela montre que notre capacité de surprendre est toujours là, et qu’on va continuer à faire les choses différemment.»

M. Bérubé dit ne pas craindre que les Québécois ne retiennent que le négatif des publicités telles que «Le PQ en arrache». Il y a une autre partie à ce message, qui est positif, fait-il valoir, et qui est «On veut votre bien».

Quant à la présidente du parti, Gabrielle Lemieux, elle fait état d’une «lucidité» avantageuse à l’aube du déclenchement des élections, alors que le Parti québécois semble en difficulté dans les intentions de vote.

La campagne a été réalisée par la boîte Upperkut, qui est aussi derrière celle de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui avait adopté avant son élection le slogan: «L’Homme de la situation», qui avait beaucoup fait jaser.

Parmi les autres messages retenus par la formation politique figurent: «Qu’est-ce qui est bleu et blanc et rebondit tout le temps? Le PQ», «Le sport olympique auquel excelle un péquiste? Le saut à obstacles», ainsi que «La différence entre un péquiste et votre connexion internet? Le péquiste ne lâche jamais».