Le concessionnaire automobile Bérubé Chevrolet Cadillac Buick GMC, à Rivière-du-Loup

Le plus long conflit de travail présentement au Québec: deux ans de lock-out

MONTRÉAL — Le plus long conflit de travail qui a cours présentement, au Québec, en est cette semaine à une durée de deux ans.

Cela fait effectivement deux ans que les travailleurs du concessionnaire automobile Bérubé Chevrolet Cadillac Buick GMC, à Rivière-du-Loup, ont été mis en lock-out par la direction.

Les salariés sont membres d’un syndicat affilié à la Centrale des syndicats démocratiques, la CSD­. Ils étaient 13 au départ; ils sont aujourd’hui 10, a précisé au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, le président de la CSD, Luc Vachon. «Il y en a trois qui ont démissionné et qui ont quitté.»

Les négociations ont longtemps eu cours, en conciliation, mais il n’y a pas eu d’échanges depuis plus d’un mois, a précisé le dirigeant syndical.

«On n’a pas de négociation; on n’a rien, ça fait que...» a commenté, de son côté Patrick Bérubé, président de l’entreprise.

Les points en litige demeurent les salaires et le régime de retraite.

M. Vachon rapporte qu’au départ, l’employeur demandait de réduire certaines conditions de travail. «Il avait demandé initialement des coupures au niveau salarial et des coupures au niveau du régime de retraite. Son prétexte à l’époque, c’était que les taux de salaire de la convention collective CSD étaient plus élevés que ceux des compétiteurs (syndiqués) CSN autour. Je considérais qu’il faisait une erreur dans ses calculs. Je lui ai demandé un délai; il ne me l’a pas donné; il a déclenché le lock-out le 8 juillet (2016).»

M. Vachon soutient pouvoir lui démontrer qu’il a tort, mais l’employeur, lui, continue de croire que ses travailleurs sont mieux rémunérés. «Je comprends donc! Un moment donné, on ne peut pas tout le temps payer nos employés plus cher que la compétition aux alentours de chez nous», a rétorqué M. Bérubé.

Une entente de principe a failli être conclue en novembre dernier, mais il y a eu divergence d’interprétations au moment de coucher le tout sur papier.

«On est encore en litige sur le taux de salaire et les augmentations futures qui doivent s’appliquer dans le cadre où le régime de retraite est conservé», rapporte M. Vachon.

M. Bérubé réplique: «j’aimerais que ça se règle le plus rapidement possible, mais il y a toujours des coûts à cela».

M. Vachon rapporte que le moral des lock-outés est bon, malgré tout. «Le moral est bien, dans le sens où... de toute façon, c’est un lock-out, alors les décisions qu’ils peuvent prendre sont limitées. Et à partir du moment où l’employeur fait des propositions où les gens en lock-out auraient (un salaire) plus bas que les futurs salariés embauchés, vous comprenez que leur décision n’est pas longue à prendre. Le moral est bon. Les gens se sont fait sortir en conflit. Et, après deux ans, c’est bien clair qu’ils veulent rentrer et rentrer la tête haute», a insisté M. Vachon.