Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a annoncé les détails de son plan lundi lors d’un événement à Coquitlam, en Colombie-Britannique.

Le NPD promet un programme d’assurance médicaments dès 2020

COQUITLAM, Colombie-Britannique — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) promet de mettre en place un programme national et universel d’assurance médicaments qui devrait entrer en vigueur dès 2020, si le parti remporte les prochaines élections fédérales.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a annoncé les détails de son plan lundi avec le porte-parole du parti en matière de santé, Don Davies, lors d’un événement à Coquitlam, en Colombie-Britannique.

En vertu de ce plan, tous les Canadiens seraient couverts par le programme prévoyant une liste de médicaments couverts, établie par un groupe d’experts indépendants, qui serait à l’abri des influences politiques et économiques.

Selon le parti, le programme permettrait à des familles qui n’ont pas d’assurance privée d’économiser en moyenne 550 $ par année. De leur côté, les employeurs épargneraient environ 600 $ par employé bénéficiant d’une assurance maladie complémentaire.

Le projet de loi serait inspiré de la Loi canadienne sur la santé et prévoirait un transfert annuel aux provinces et aux territoires, les provinces assumant environ 60 % du coût total et le gouvernement fédéral, les 40 % restants.

Au Québec

Le Québec, qui a déjà son programme d’assurance médicaments, pourrait décider de se retirer du programme fédéral, même si le NPD pense que la province profiterait de celui-ci. Dans le cas où le Québec voudrait maintenir son propre programme, il recevrait une pleine compensation, promet le NPD.

M. Davies, qui représente la circonscription de Vancouver Kingsway, affirme que le coût pour les provinces serait à peu près le même qu’en ce moment.

Une analyse du directeur parlementaire du budget indique que le coût total d’un programme national d’assurance médicaments s’élèverait à 23,7 milliards $ en 2020, ce qui représenterait une économie de 4,2 milliards $ par an par rapport au montant actuel consacré aux médicaments au Canada.

Financement

La semaine dernière, M. Singh avait annoncé qu’un gouvernement néo-démocrate augmenterait l’impôt sur les bénéfices d’investissement dans le cadre d’un ensemble de mesures visant à financer l’assurance médicaments, les services de garde abordables et le logement.

«Ces mesures libéreraient des milliards de dollars qui seraient disponibles pour cela. Le reste du financement ferait l’objet de discussions entre le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires», a précisé M. Davies.

Le gouvernement fédéral prélève des impôts sur 50 % des bénéfices d’investissement, également appelés gains en capital, mais le NPD veut augmenter ce seuil à 75 %. Cela générerait environ 3 milliards $ de revenus, selon le parti.

Les néo-démocrates ont également évoqué la suppression d’une échappatoire en matière d’options d’achat d’actions. Le NPD prévoit aussi s’attaquer à l’utilisation d’actions au porteur et de paradis fiscaux étrangers. Selon eux, ces mesures aideraient les riches à éviter de payer leur juste part d’impôts à la société.

Les libéraux ont leur propre plan

Dans son budget du mois dernier, le gouvernement libéral a affirmé que la mosaïque canadienne de couverture des médicaments, qui comprend plus de 100 programmes publics et 100 000 régimes d’assurance privés, n’est pas bien aménagée pour gérer les médicaments de plus en plus coûteux qui arrivent sur le marché.

Un groupe d’experts a déterminé que les dépenses en médicaments au Canada devraient dépasser les 50 milliards $ d’ici 2028.

Dans le budget, les libéraux ont promis d’instaurer une nouvelle agence qui négocierait le prix des médicaments sur ordonnance afin que les Canadiens puissent réduire leurs coûts, une initiative considérée comme une «étape importante» en vue d’un éventuel régime national d’assurance médicaments.

Il s’est également engagé à créer un formulaire national et à dépenser 500 millions $ par an à compter de 2022 pour subventionner des médicaments destinés au traitement de maladies rares.