Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge

Le ministre de l’Éducation pas inquiet pour les femmes dans les futurs centres de services

QUÉBEC - Les femmes n’ont rien à craindre: elles auront leur place au sein des centres de services qui remplaceront les commissions scolaires, assure Jean-François Roberge.

Le ministre de l’Éducation réagissait ainsi à la sortie publique de Louise Lortie, vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et présidente de la Commission scolaire de Laval, qui craint que la parité soit menacée.

Le gouvernement doit présenter dans les prochains jours un projet de loi visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de services.

Ce projet de loi entraînera assurément des pertes d’emplois, croit Mme Lortie, qui a souligné en entrevue à La Presse canadienne que la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes.

À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 pour cent. La province compte 72 commissions scolaires.

M. Roberge présentera vraisemblablement la «Loi modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires» la semaine prochaine.

Il s’appuie notamment sur le fait que les élections scolaires coûtent environ 20 millions $ à organiser, mais sont généralement boudées par les Québécois.

Le précédent gouvernement libéral avait tenté d’abolir les élections scolaires, mais s’était buté à une contestation massive des élus scolaires, qui l’avait forcé à reculer.

Jean-François Roberge est quant à lui déterminé à aller de l’avant. Il n’a pas voulu s’engager à maintenir la parité dans la nouvelle gouvernance scolaire.

«Je ne suis pas inquiet du tout de ça, a-t-il déclaré en mêlée de presse. On va remettre les écoles dans les mains des communautés, on va valoriser les gens qui sont sur les conseils d’établissements, et c’est déjà pas mal des femmes qui sont sur les conseils d’établissements.

«Donc, quand on décentralise la prise de position vers les conseils d’établissements, je pense qu’on remet pas mal le pouvoir dans les mains (des gens). Je ne suis pas inquiet du tout», a-t-il ajouté.

La FCSQ fait présentement circuler une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de signer le document affirmant entre autres qu’»aucun recul des femmes en politique n’est acceptable».