Meghan Markle et sa mère Doria Ragland, vendredi, à la veille du mariage

Le mariage royal suivi d'un bout à l'autre du Canada

BRENTWOOD BAY — Donna Otto ne sait toujours pas si elle portera un bibi ou un nouveau chapeau le jour du mariage, mais elle sait où elle se trouvera samedi, à 4h du matin, lorsque le prince Harry et Meghan Markle se diront «oui, je le veux».

Comme la plupart des Canadiens, Mme Otto se trouve à des milliers de kilomètres et quelques fuseaux horaires de la cérémonie, qui sera célébrée à la chapelle Saint-George du château de Windsor. Elle se lèvera tout de même avant l'aube, à Victoria, en Colombie-Britannique, pour trinquer en l'honneur des nouveaux mariés.

Des cathédrales, des librairies, des hôtels et des salles de banquet à travers le Canada ont été réservés pour des festivités plutôt matinales, samedi, alors que les noces seront célébrées à midi au Royaume-Uni.

«Je vais en savourer chaque moment», affirme Donna Otto, qui est membre de la branche vancouvéroise de la Société royale du Commonwealth.

L'organisation a joint ses forces à celles de la division de la Ligue monarchiste du Canada à Victoria pour organiser un déjeuner à l'Union Club de la ville, vieux de 139 ans.

Les invités y sont attendus à 3h du matin, en tenue élégante.

«Je trouve ça amusant, frivole et ridicule, admet Mme Otto. Pourquoi pas? La vie est parfois trop sérieuse. C'est une occasion de nous concentrer sur quelque chose de très positif et c'est merveilleux parce qu'il y a tout le temps tant de mauvaises nouvelles dans le monde.»

Donna Otto et son mari David Spence, président de la Société royale du Commonwealth, ne rateront pas le mariage en direct même s'ils doivent se lever en pleine nuit à Victoria, en Colombie-Britannique.

« Je trouve ça amusant, frivole et ridicule. Pourquoi pas? La vie est parfois trop sérieuse »
Donna Otto

À Winnipeg, une séance de visionnement de la cérémonie à 6h du matin suscitait peu d'engouement, rapporte Wendy Hart.

Les divisions manitobaines de la Ligue monarchiste, des Loyalistes de l'Empire uni et de la Société royale du Commonwelath se rassembleront finalement vers midi, heure du Centre, pour un dîner avec champagne au club de l'Université de Winnipeg, indique-t-elle.

«Les gens n'étaient pas très enthousiastes à l'idée de se lever si tôt le matin, explique-t-elle. Ce sera très agréable à regarder à une heure raisonnable.»

«Ce n'est pas qu'un mariage royal, ajoute Mme Hart. C'est une union impliquant l'Amérique du Nord et le Royaume-Uni. Nous traversons l'océan cette fois.»

Le prince Harry a pris un bain de foule à Windsor, vendredi.

À Toronto, où tout a commencé

À Toronto, où a germé l'amour entre le prince Harry et l'actrice américaine, un rassemblement sera tenu à 7h au pub Duke of Cornwall, qui peut accueillir jusqu'à 160 visiteurs. Ces derniers pourront suivre la cérémonie à la télévision, festoyer autour d'un déjeuner de style anglais et prendre part à un jeu-questionnaire sur la monarchie.

Lui-même originaire du Royaume-Uni, Paulo Antunes croit que de plus jeunes passionnés de la famille royale se mêleront cette fois aux festivités.

«On aura des personnes plus vieilles qui suivent tous les événements royaux majeurs depuis des années, mais aussi ces jeunes qui sont excités pour Harry et pour Meghan, qui vivait à 20 minutes d'ici», explique l'administrateur du site Web Typically British.

Meghan Markle a vécu sept ans à Toronto lors du tournage de la série télévisée Suits.

À Victoria, David Spence, un pasteur à la retraite de l'Église unie du Canada, compte porter pour l'occasion son kilt MacDuff Tartan.

Aussi président de la Société royale du Commonwealth à Vancouver, M. Spence dit s'être épris de ce que représente ce couple princier.

«Les gens se sont entichés d'un jeune couple qui reflète la diversité du Commonwealth moderne, fait-il valoir. Ils ont traversé des moments difficiles de leur vie pour atteindre ce niveau d'identification avec les gens.»