Yves Lévesque

Le maire Yves Lévesque en arrêt de travail

Trois-Rivières — Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est en arrêt de travail. La Ville a en effet émis un communiqué mercredi annonçant que le premier magistrat ne pouvait plus exercer sa fonction temporairement, à la suite d’examens médicaux et sur la recommandation de son médecin.

L’arrêt de travail du maire est prévu jusqu’à la période des Fêtes. C’est la mairesse suppléante, Ginette Bellemare, qui assurera la relève d’ici au retour d’Yves Lévesque, qui a choisi de n’accorder aucune entrevue à ce sujet. 

En soirée, mercredi, le maire a toutefois adressé quelques mots «à ses concitoyens» via sa page Facebook. «C’est avec émotion que je vous annonce aujourd’hui ma décision de prendre un temps d’arrêt, décision qui fait suite aux recommandations de mon médecin. Vous devinerez que ce n’est pas de gaieté de cœur que je fais ce choix, et ceux et celles qui me connaissent savent qu’il en faut beaucoup pour m’arrêter. Mais il vient un moment où l’on doit s’écouter, et c’est ce que je fais aujourd’hui. Sachez que j’ai toujours à cœur notre ville, que j’en suis toujours aussi fier, et que mon but est de vous revenir en pleine forme, afin de continuer à travailler pour vous et notre ville.»

Le cabinet du maire n’a pas donné de détails sur le diagnostic prononcé par le médecin.

L’annonce de son arrêt de travail n’a visiblement pris personne par surprise, puisque le maire était déjà paru plus fatigué, amaigri et parfois même distant de la scène municipale depuis l’été. À plusieurs observateurs de la scène politique municipale, il avait également confié, la semaine dernière, son état de fatigue et les recommandations de son médecin. Plus tôt cette année, il avait fait quelques sorties médiatiques concernant son exaspération par rapport à l’ambiance de travail autour de la table du conseil, lui qui accusait certains conseillers municipaux de faire de la microgestion.

Pour la mairesse suppléante, Ginette Bellemare, il s’agira sans doute d’un arrêt bénéfique pour Yves Lévesque qui, espère-t-elle, reviendra en pleine forme. «Je lui souhaite de prendre le temps qu’il faut pour prendre soin de lui et nous revenir rapidement, car nous avons encore de beaux projets à accomplir tous ensemble à la Ville», signale Mme Bellemare, qui note avoir reçu, dans les minutes suivant l’annonce de l’arrêt de travail du maire, des témoignages de soutien et de collaboration de la part de l’ensemble du conseil municipal. 

«Les prochains mois s’annoncent chargés pour nous, avec les rencontres pour l’élaboration du Plan triennal d’immobilisation, la préparation et l’adoption du budget. Les membres du conseil m’ont offert leur collaboration et se sont montrés solidaires dans les circonstances. Le maire porte une grande fierté dans le développement de la ville et nous allons continuer le travail avec cette même fierté et cette même passion jusqu’à son retour», ajoute Ginette Bellemare.

Pour le conseiller municipal de Marie-de-l’Incarnation, Denis Roy, il était clair depuis quelques mois qu’Yves Lévesque n’était pas dans son assiette. «On sentait un détachement de sa part. On le sentait désengagé, encore moins présent. Au cours des deux ou trois derniers mois, il y a eu une cassure drastique au niveau de l’énergie», souligne M. Roy, qui salue la décision du maire de prendre soin de lui.

«De savoir qu’il ne va pas bien, ça me fait quelque chose. Je ne peux que saluer et appuyer sa démarche. On ne souhaite de mal à personne, et quand on se retrouve dans une mauvaise passe, la priorité demeure celle de s’occuper de soi», constate celui qui confie avoir lui-même traversé une période difficile sur le plan personnel il y a quelques années. «D’avoir des gens compréhensifs autour de moi a fait toute la différence», ajoute-t-il.

Maryse Bellemare, conseillère du district Chavigny, abonde dans le même sens. «Au conseil municipal nous travaillons très souvent ensemble et on se côtoie beaucoup, ça devient comme une famille. On se préoccupe les uns des autres», mentionne celle qui souhaite son retour rapide et en pleine forme, mais qui croit que le leadership démontré par Ginette Bellemare au cours
des derniers mois, lors des absences du maire, permettra à l’appareil municipal de bien fonctionner en son absence.

Un avis partagé par son collègue de Pointe-du-Lac, François Bélisle. «Ginette a fait preuve de beaucoup de leadership et a animé au moins trois séances du conseil, en plus de tenir l’ordre du jour des séances de travail. Elle a fait beaucoup de représentation depuis les derniers mois. Nous avons convenu de l’aider et de nous partager le travail parce que ça en fera beaucoup pour elle», constate M. Bélisle, qui s’engage aussi à ne pas ramener la question de la révision salariale autour de la table du conseil municipal en l’absence du maire.

«Il n’y aura pas de décision importante qui sera prise pendant qu’il n’est pas là. Par respect pour lui et pour la fonction, nous allons attendre son retour», ajoute François Bélisle.

Récemment, le conseil municipal a pu suivre une formation afin de resserrer les liens et de mieux travailler en équipe, relate Denis Roy. Pour lui, l’arrêt de travail d’Yves Lévesque arrive à un moment où, heureusement, la cohésion au conseil est bonne. 

«Nous étions parfois sur des trajectoires parallèles. Depuis plusieurs semaines, on sent une réelle volonté de bien fonctionner à quatorze. Présentement, on est en train de trouver un équilibre entre les visions de chacun. On travaille mieux que jamais ensemble. Que ça arrive à ce moment-ci est, on peut dire, une bonne chose, puisque nous ne sommes pas un conseil déchiré, et on sent une certaine harmonie en train de s’installer», ajoute-t-il.

Appelé à réagir à la nouvelle, le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Drummondville, Alexandre Cusson, a rappelé que le siège que possède Trois-Rivières au sein du conseil d’administration de l’UMQ revient à la Ville, et non à un individu. Ainsi, la mairesse suppléante peut siéger à l’UMQ le temps que M. Lévesque reprenne ses fonctions. «Mais aujourd’hui, c’est plutôt secondaire comme considération. Notre préoccupation, aujourd’hui, c’est de souhaiter un prompt rétablissement à M. Lévesque», a indiqué M. Cusson.