La Santé publique signale un décès et quelques cas d’intoxication.

Le fentanyl fait une première victime

Les autorités de la Santé publique de l’Estrie sont sur les dents. Le fentanyl commence à faire son apparition dans la région et les perspectives ne sont pas bonnes.

On rapporte des cas récents d’intoxication à ce puissant analgésique obtenu sur ordonnance qui est environ 100 fois plus dévastateur que la morphine et dont on entend de plus en plus parler. Ces cas ont nécessité une hospitalisation.

La Tribune a appris qu’on signale en plus le décès d’une personne qui aurait consommé du carfentanyl qui lui est 10 000 fois plus puissant que la morphine!

« C’est un cas qui est sous enquête », lance Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique en Estrie, sans vouloir donner plus de détails.

« Le carfentanyl est utilisé comme sédatif pour les gros animaux, comme les éléphants. Il est même considéré comme trop dangereux pour ces animaux, et trop dangereux pour les personnes qui le manipulent. C’est très puissant. »

Le fentanyl est parfois mélangé à d’autres drogues, notamment à l’héroïne et à la cocaïne, indique la GRC sur son site web. Il est utilisé sous forme de comprimés qui ressemblent à des médicaments vendus sur ordonnance.

Le fentanyl peut être prescrit à des fins médicales. « Il n’y a pas problème quand il est bien utilisé », assure Mme Généreux.

« Mais il est aussi utilisé malheureusement à des fins récréatives. Il est modifié en laboratoire et c’est là que ça peut devenir dangereux. »

Enquête épidémiologique

La Santé publique de l’Estrie a déclenché mercredi une enquête épidémiologique, ajoute-t-elle.

« Nous ne sommes pas en alerte, mais nous suivons la situation de près. Nous demandons à tout notre monde d’être très vigilants. Un avis a été envoyé aux ambulanciers, infirmières, médecins et aux personnes susceptibles d’être en contact avec des cas d’intoxication pour les sensibiliser. »

« Une enquête épidémiologique fait en sorte que dès qu’on a un cas de personnes en surdose, on en informe la Santé publique. Comme ça, on a rapidement un portrait de l’évolution de la situation. On ne parle pas de catastrophe. Nous ne sommes pas en panique, mais nous ne voulons pas attendre. D’autres régions ont aussi déclenché ce type d’enquête. » 

La première saisie au Québec de carfentanyl a eu lieu il y a un an à l’Aéroport international de Montréal-Mirabel. Il se présente sous la forme de grains de sel. Deux colis devaient être acheminés à deux adresses résidentielles différentes de la Montérégie par un service de messagerie privée, rapportait La Presse.

Au Québec, les premières saisies de fentanyl ont eu lieu en 2016. Il avait fait son apparition dans l’Ouest canadien. De 2000 à 2016, cette drogue a fait plus de 2500 morts à travers le Canada.

La Direction de la santé publique de l’Estrie est en train d’organiser une rencontre qui réunira plusieurs intervenants du milieu concernés par ce type de drogue dévastatrice. La réunion aura lieu le 9 février. « Nous ferons le point sur la situation du fentanyl dans la région », dit Mme Généreux.

« Nous voulons être en action. On sent que le milieu demande à participer à ce type de rencontre. »

Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique en Estrie : « Nous ne sommes pas en alerte, mais nous suivons la situation de près. Nous demandons à tout notre monde d’être très vigilants. Un avis a été envoyé aux ambulanciers, infirmières, médecins et aux personnes susceptibles d’être en contact avec des cas d’intoxication pour les sensibiliser. »