Dominic Lacroix, 37 ans, a pris le chemin de la prison pour outrage au tribunal

Le créateur du Plexcoin, Dominic Lacroix, condamné à 6 mois de prison

Dominic Lacroix a trompé la société et continue de le faire, évalue la Cour supérieure, qui impose une peine de prison de six mois pour outrage au tribunal au créateur d’une nouvelle cryptomonnaie, le Plexcoin.

L’entrepreneur déchu âgé de 37 ans a pris le chemin de la prison mercredi. C’est la peine appropriée, a tranché le juge Daniel Dumais de la Cour supérieure, pour un second outrage au tribunal en deux ans. 

«La tolérance a ses limites dans un tel contexte, fait remarquer le juge Dumais. Il n’y a aucun facteur atténuant.»

La période de détention pourra être réévaluée à la demande de Dominic Lacroix s’il accepte de se soumettre aux ordonnances de la cour et de divulguer enfin des informations financières.

Depuis plus de deux ans, Lacroix est enquêté par l’Autorité des marchés financiers pour avoir vendu à 7000 investisseurs à travers le monde une nouvelle cryptomonnaie, le Plexcoin, promesse de rendements mirobolants. Il aurait vendu pour 15 millions $ de cette monnaie virtuelle.

Tous ses biens, dont sa luxueuse maison de Charlesbourg, sont bloqués. Un administrateur provisoire, la firme Raymond Chabot, a été nommé pour gérer les actifs et demander des comptes à Lacroix.

Encore aujourd’hui, l’homme d’affaires entretient le flou sur ses possessions et sur ce qu’il a fait de l’argent reçu des investisseurs.

L’administrateur provisoire ignore encore ce qu’il est advenu de 107 bitcoins reçus par Lacroix, évalués à 1,5 million $ en juillet 2019.

Lacroix a été déclaré coupable d’outrage au tribunal parce qu’il n’a fourni que ce que le juge qualifie de «bilan bidon» de ses actifs, n’a pas fait une reddition de comptes du projet Plexcoin et refuse de fournir les mots de passe pour ses appareils électroniques saisis, tous encryptés. Il affirme avoir détruit la clef USB contenant tous ses mots de passe.

Les informations fournies ne sont jamais complètes, observe le juge Dumais, et ne sont révélées que lorsque Lacroix fait face à l’évidence. Devant cette attitude, l’administrateur provisoire doit constamment fouiller, ajoutant aux frais de l’enquête.

«Le Tribunal, tout comme l’administrateur provisoire et le public en général, ne peuvent se contenter du peu d’informations obtenues à ce jour, estime le juge Dumais. Conclure en ce sens n’est ni raisonnable, ni approprié. Ce serait une capitulation au profit d’une personne qui a trompé la société et qui continue à le faire. Une personne qui fait fi des ordres des tribunaux.»

Après sa période de détention, Dominic Lacroix devra en outre effectuer 240 heures de travaux communautaires, soit le double de ce que l’avocate de défense suggérait.

En décembre 2017, Lacroix a été condamné à deux mois de prison pour un premier outrage au tribunal. Il a porté cette condamnation en appel.