Julie Bouchard, présidente régionale de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), au centre, Nancy Michaud, vice-présidente relations de travail pour le Saguenay, et Bianca Tremblay, pour le Lac-Saint-Jean, ont présenté l’entente, jeudi matin.

Le CIUSSS et les infirmières s’entendent

Un pas important a été franchi dans la crise du temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une entente est intervenue entre les syndicats et le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Lors d’une conférence de presse, Julie Bouchard, présidente régionale de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Nancy Michaud, vice-présidente relations de travail pour le Saguenay, et Bianca Tremblay, pour le Lac-Saint-Jean, ont indiqué qu’en vertu de l’entente ratifiée mercredi à 98 %, toutes les infirmières et infirmières auxiliaires se verront attribuer un horaire à temps complet ou correspondant aux disponibilités qu’elles offriront. « Toute la colère et la frustration que les professionnelles en soins ont exprimées dans les médias et médias sociaux depuis le début de janvier au sujet de la surcharge de travail et la conciliation travail-famille ont permis à la direction du CIUSSS de venir s’asseoir à la table », a exprimé Mme Bouchard.

La FIQ ainsi que la CSN ont obtenu ce qu’ils réclamaient, à savoir des horaires de travail à temps complet pour celles qui le désirent, ce qui devrait permettre d’établir des horaires stables à la fois bénéfiques pour celles qui travaillent à temps partiel. Ces dernières sauront à l’avance par exemple qu’elles auront à accomplir des prestations de sept quarts de travail sur 14 jours, ce qui constituera un incitatif à demeurer dans la région tout en favorisant la conciliation travail-famille, a indiqué Mme Bouchard. Ce sont 1600 infirmières qui devraient être touchées par les nouvelles mesures annoncées.

L’entente devrait créer des surplus de main-d’œuvre sur les unités de soins, des surplus qui seront utiles lors de prise de congés, congés de maladie, formation, etc. 

Au cours de l’exercice 2017, les infirmières et les infirmières auxiliaires ont fait 126 000 heures de temps supplémentaire pour une somme de 2,6 M $. Il n’est pas possible de ventiler les heures en temps supplémentaire obligatoire, a indiqué Mme Bouchard. La FIQ croit que la nouvelle entente devrait se traduire par des économies pour l’employeur au chapitre des primes d’assurance-maladie et de la gestion. 

L’entente temporaire, qui s’appliquera jusqu’à la mi-octobre, échéance fixée pour le règlement des conventions collectives au plan local, ne constitue pas la fin des revendications. « On a encore énormément de travail à accomplir pour afficher et bonifier des postes à temps complet. On doit travailler sur le moyen et le long terme », ajoute Mme Bouchard.

Reconnaissance du bac

Un autre point en suspens, selon la partie syndicale, concerne la reconnaissance automatique du baccalauréat en soins infirmiers, une mesure que souhaiterait voir adopter le CIUSSS avant le départ à la retraite de la présidente-directrice générale, Martine Couture. Selon Mme Bouchard, la région est la seule où cette reconnaissance ne se fait pas automatiquement.

CSN

Par voie de communiqué, la CSN estime que l’entente entérinée permet de garantir des heures aux préposés aux bénéficiaires et aux travailleurs des services alimentaires, de la buanderie et de l’hygiène et salubrité qui sont inscrits à la liste de rappel. 

 « Ce n’est pas rien. Nous nous sommes entendus pour permettre au personnel de respirer un peu. Dans le contexte actuel, c’est plus que bienvenu. Et nous sommes parvenus à nous entendre avec le CIUSSS de la région malgré les nombreux obstacles causés par la réforme ultracentralisée du ministre Barrette », lance Gaston Langevin, vice-président régional de la FSSS-CSN. 

Tout comme à la FIQ, la FSSS-CSN est en attente du retour du ministre Barrette pour lui présenter des solutions aux problèmes de surcharge de travail du personnel. Étant la seule organisation syndicale à représenter le personnel des quatre catégories du réseau, cette rencontre est nécessaire pour répondre à la détresse des infirmières, des préposées, des agentes administratives, des travailleuses sociales et de l’ensemble du personnel. Denis Villeneuve

Entente conclue aussi chez les travailleurs paratechniques et auxiliaires

Les 2700 membres du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métier de la santé et des services sociaux Saguenay-Lac-Saint-Jean–CSN ont entériné le contenu d’une entente qui va octroyer une garantie d’heures de travail aux préposés aux bénéficiaires et aux travailleurs des services alimentaires, de la buanderie et de l’hygiène et salubrité inscrits à la liste de rappel. Ces services sont aux prises avec des problèmes de pénurie de main-d’œuvre, de temps supplémentaire obligatoire et de surcharge de travail.

L’entente a été conclue mercredi soir, lors d’une assemblée générale tenue à Alma. 

En plus de la garantie d’heures, cette entente, qui sera en vigueur jusqu’au 13 octobre prochain, permettra à chaque personne salariée de se voir assignée, en tenant compte de ses préférences, des quarts de travail, et ce, quatre semaines à l’avance. « Une amélioration notable sur la conciliation famille-travail puisque nous allons inverser la mécanique en place où les personnes devaient attendre un appel sans trop savoir leurs assignations à venir. Sans prétendre mettre en place une solution globale qui règle tous les problèmes, nous estimons qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction », a affirmé le président syndical, Gaston Langevin.

L’entente devrait également permettre aux titulaires de postes à temps complet d’y trouver leur compte en augmentant le bassin de remplaçants. « Ces travailleuses et travailleurs tiennent le réseau à bout de bras depuis de nombreuses années. L’augmentation des ressources disponibles nous permet d’envisager l’accès à des horaires plus réguliers et voir même à des congés. Ils pourront donc respirer un peu mieux ! », a ajouté M. Langevin. 

Le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métier de la santé et des services sociaux représente près de 2700 travailleurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Patricia Rainville