Si le «Black Friday» (ou «Vendredi fou» au Québec) est populaire dans la province, le «Black Friday in July» est encore méconnu ici.

Le «Black Friday» en plein été

Avez-vous reçu un courriel qui fait la promotion du «Black Friday» en plein mois de juillet? Vous n’êtes pas les seuls. Ordinateurs et tablettes à la main, les adeptes d’escomptes sont déjà prêts : les 15 et 16 juillet, plusieurs détaillants offrent une vague de soldes en réponse au «Amazon Prime Day», un évènement d’achats en ligne d’envergure.

Il y a quatre ans, dans le cadre de son anniversaire, Amazon a décidé d’offrir à ses membres «prime» une journée de soldes. Aussitôt, les commerces ont suivi le mouvement et ont utilisé le terme Black Friday, en référence à la journée de consommation la plus intense aux États-Unis, qui se déroule au lendemain du congé de l’Action de grâce (Thanksgiving), à la fin de l’automne. «Le Black Friday in July rappelle un évènement promotionnel en contrepartie de l’évènement d’Amazon qui prend de plus en plus d’ampleur», explique la professeure en marketing aux HEC, JoAnne Labrecque.

Dès sa première année, la journée de soldes d’Amazon a fait fureur et a attiré de nombreux consommateurs. Plusieurs détaillants ont suivi le phénomène pour faire concurrence au géant de l’achat en ligne. «Quand vous avez un très grand concurrent qui fait une promotion d’envergure, si vous ne faites pas une contre-offre, vous ne faites pas partie de cette période de dépenses qui est importante», indique Mme Labrecque. Le problème : les détaillants font maintenant face à une deuxième journée de soldes. «Si tu n’embarques pas, c’est Amazon qui va tout faire les profits et ça met beaucoup de pression sur les détaillants», souligne le professeur au département de marketing de l’ESG de l’UQAM, Marc-Antoine Vachon.

«Stratégie agressive»

Puisque le mouvement prend de plus en plus d’ampleur, plusieurs entreprises sont dans l’obligation de s’adapter. «Même Walmart a dû prendre une politique qui dit qu’habituellement on égalise les prix des concurrents sauf pour le Black Friday in July. Ça montre l’impact que ce phénomène a aux États-Unis», détaille M. Vachon. Cette concurrence engendre une réelle guerre de prix. «On essaie de couper l’herbe sous le pied des concurrents en offrant des rabais avant l’automne. C’est une stratégie très agressive d’être le premier à offrir des rabais avant la rentrée scolaire», continue-t-il. 

Et au Québec?

Bien que le Black Friday in July soit de plus en plus populaire, il est encore méconnu au Québec. «Je ne vois pas le phénomène prendre de l’ampleur au point de donner des sueurs froides aux détaillants québécois. Ça me surprendrait fortement. C’est un phénomène où les grands chercheurs d’aubaines vont profiter, mais ça reste à mon sens marginal», explique M. Vachon. 

Cependant, il y a tout de même certaines répercussions pour l’ensemble des commerçants au Québec. «C’est l’idée de profiter d’un comportement actif des consommateurs. Le contrepoids de ça, c’est qu’on incite les consommateurs à acheter en période de soldes. C’est bon pour eux, mais cela les amène à acheter que dans les périodes de promotion et ça devient difficile pour les détaillants traditionnels», déplore JoAnne Labrecque.