Émeline Trial et Sabina Corman fabriquent un sac réutilisable à l'école du Marais.

L’avenir du «zéro déchet» à l’école du Marais

Une enseignante de Gatineau inculque des valeurs de «zéro déchet» à ses élèves, tout en leur apprenant les bases de l’entrepreneuriat.

Isabelle Forget est enseignante en sixième année à l’école primaire du Marais. Depuis 10 ans, elle crée annuellement un projet d’entrepreneuriat avec ses groupes pour que ses jeunes développent l’autonomie et la débrouillardise. Une fois qu’ils ont vu les fondements de l’entrepreneuriat en classe, les élèves proposent leurs idées de projet. Cette année, le groupe de Mme Forget, composé de 22 élèves, a décidé de donner une deuxième vie à différents matériaux pour emboîter le pas dans le mouvement «zéro déchet». Ces jeunes visionnaires âgés entre 11 et 13 ans ont ainsi créé leur petite entreprise, qu’ils ont baptisée Deuxième vie.

Ils reprennent de vieux tissus et de vieux meubles pour les transformer en produit nouveau. Par exemple, avec le tissu, les élèves confectionnent des sacs de collations réutilisables. Les membres du projet en ont fabriqué pas moins de 530 et en ont distribué un à tous les élèves de l’école.

«Avec la brigade de zéro déchet, on a pu remarquer qu’il y avait beaucoup moins de sacs Ziploc dans les poubelles et on a déduit que c’était parce que les élèves utilisent nos sacs», explique Loïk Bernatchez, élu co-président du projet par ses camarades de classe avec son homologue Marc-Antoine Côté.

«On donne une deuxième vie à des meubles, à du tissu, aux accessoires et même aux machines à coudre, indique pour sa part l’étudiant Maxime Croteau, visiblement heureux de nous faire découvrir Deuxième vie. Notre plus beau meuble, on l’a travaillé vraiment fort. D’abord on l’a peinturé, puis ciré, pour qu’il prenne l’air d’un meuble neuf, mais dans le fond, le bois n’était pas très beau au départ. On l’a vraiment transformé en une pièce d’art.»

Tandis qu’un sac prend environ une dizaine de minutes à fabriquer, les élèves travaillent sur leur entreprise lors de leurs temps libre, ou encore pendant les récréations.

«C’est motivant parce que tu sais que tu vas travailler à l’école, mais que tu pourras faire de l’entrepreneuriat pendant les récréations ou pendant des ateliers, donc tu t’amuses en même temps de travailler», affirme Loïk.

Un sentiment de fierté

Pour Isabelle Forget, voir ses élèves participer activement au projet et attirer l’attention de la population avec celui-ci la rend fière. Elle est d’ailleurs remplie d’éloges vis-à-vis son groupe.

«Ce sont des citoyens qui sont engagés dans la vie et je pense que ça va avoir des répercussions sur leur avenir. Ils sont actifs et persévérants et comme prof, c’est très valorisant de voir ça, souligne-t-elle. C’est un des très bons groupes que j’ai eus au cours des dernières années.»

La classe d’Isabelle se prépare maintenant en vue de son barbecue «zéro déchet», qui se tiendra le 13 juin prochain à l’école du Marais. Les élèves entendent également organiser une mini-foire alimentaire avec deux ou trois kiosques lors de cette journée pour mettre en valeur les produits du Québec.