L’arbitre Garrett Rank participera à compter de jeudi au deuxième tournoi majeur de la saison, l'Omnium des États-Unis.

L’arbitre de la LNH Garrett Rank jouera à l’Omnium des États-Unis

SOUTHAMPTON, N.Y. — Pendant quelques jours cette semaine, Garrett Rank laissera de côté les patins pour les souliers à crampons et fréquentera une scène beaucoup plus imposante que ce à quoi il est habitué.

Personne ne négocie Shinnecock Hills sur la glace. Les prochains jours n’auront rien à voir avec les lignes bleues et des bâtons trop élevés. Ils porteront davantage sur des allées vertes et des coups roulés.

Le boulot régulier de Rank a pris fin il y a deux mois lorsque s’est conclue la première ronde des séries éliminatoires de la LNH. Cela a donné suffisamment de temps à Rank, qui officie à temps plein dans la LNH depuis trois ans, pour mériter sa première qualification à l’Omnium de golf des États-Unis qui se tiendra de jeudi à dimanche.

«La réaction venant de la communauté hockey a été gigantesque, a déclaré Rank. Je pense que tous les arbitres au sein de notre personnel m’ont envoyé un texto pour me féliciter, ils m’ont dit qu’ils allaient me suivre et qu’ils sont très fiers de moi.

«J’ai même reçu des appels téléphoniques de gens qui m’ont demandé s’il s’agissait du même Garrett Rank. Je ne connais pas beaucoup de gens avec le même nom. Mais oui, c’est moi. Je vais à l’Omnium des États-Unis.»

Même intensité

Les allées d’un parcours de golf ne servent pas nécessairement de lieu d’évasion pour le Canadien de 30 ans. Bien sûr, c’est plus tranquille. L’environnement est moins chaotique. Il n’y a aucun coup de sifflet, et les pénalités sont parfois imposées par les joueurs eux-mêmes.

Rank n’est là que pour jouer. L’intensité n’est pas différente. «Vous devez vivre avec la pression de prendre une décision, ou, je suppose, la pression de prendre une mauvaise décision, souligne Rank en faisant allusion au hockey. Et vous devez faire face à la pression d’effectuer un mauvais coup au golf.

«Il faut également être très résolu. Résolu dans les décisions que vous prenez quand vient le temps d’effectuer un coup. Et bien sûr, vous devez prendre une décision en une fraction de seconde lorsque vient le temps d’appeler une pénalité ou non.»

Garrett Rank, qui est officiel à temps plein dans la LNH depuis trois ans, joue au golf depuis qu'il est tout jeune.

Rank a mérité son laissez-passer pour Shinnecock grâce à deux rondes de 71 au Club de golf Ansley en Géorgie, avec comme cadet Dan O’Rourke, un autre arbitre de la LNH. Ce faisant, il a obtenu l’une des trois places disponibles.

«Quel beau rêve qui se réalise», a lancé Rank, dont le cadet à l’Omnium des États-Unis sera son frère aîné Kyle. Lui-même un golfeur occasionnel, Kyle avait campé le même rôle auprès de son frère il y a deux ans, à l’Omnium canadien.

La maladie frappe

Depuis qu’il est tout jeune, Garrett Rank pratique les deux sports. Il l’a fait à l’Université de Waterloo, en Ontario.

Mais en 2011, à l’âge de 22 ans, il a dû mettre un frein à sa carrière sportive lorsqu’il a appris qu’il était atteint d’un cancer des testicules. La détection a été rapide et la même année, il apprenait qu’il était guéri.

Afin de demeurer actif au sein du hockey, il s’est entraîné pour devenir un arbitre, ce qui allait devenir sa carrière. Le golf s’est transformé en activité de loisirs.

«Le cancer, pour moi, aura été une forme de bénédiction, affirme Rank. Ça m’a permis d’avoir une bien meilleure façon d’approcher le hockey et le golf, et de changer mon attitude face à un mauvais coup ou à une décision ratée sur la patinoire.»

En carrière, Rank, dont le père Rich a également été un arbitre au hockey, a œuvré dans 187 matchs dans la LNH. Il a fait ses débuts en 2015 et est devenu un officiel à temps plein en 2016.

Au golf, il a participé à 15 tournois de l’Association de golf des États-Unis. Son meilleur résultat remonte à 2012, alors qu’il avait perdu en finale du Championnat mid-amateur des États-Unis, à un match d’une qualification au Tournoi des maîtres.

«L’autre jour, on m’a demandé si je préférerais terminer dans le top 10 à l’Omnium des États-Unis où être d’office lors du septième match de la finale de la Coupe Stanley. J’ai répondu le top 10 à l’Omnium des États-Unis. J’ai dit que je vais garder la finale de la Coupe Stanley pour dans 15 ans, quand la qualité de mon golf aura diminué.»

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WOODS S'ÉTAIT ENNUYÉ DU «CHAMPIONNAT NATIONAL»

Tiger Woods effectue un retour à l'Omnium des États-Unis après deux ans d'absence.

Il y a un an, alors qu’il regardait l’Omnium de golf des États-Unis à la télévision tout en se remettant d’une autre opération au dos, Tiger Woods ignorait s’il allait de nouveau prendre part à ce qu’il appelle «notre championnat national».

Mardi, il a parlé de sa présence sur le parcours de Shinnecock Hills comme d’une opportunité d’ajouter un quatrième titre en carrière, mais aussi du fait que ça comble un vide dans son existence après deux années de suite où il a fait impasse.

Cette année, ce sera son 20e Omnium des États-Unis. «Je me suis ennuyé de ne pas jouer à l’Omnium des États-Unis. C’est notre titre national et sa signification a été tellement grande pour moi durant ma carrière. Quand j’étais jeune, le tournoi le plus important que tu pouvais gagner, c’était un événement de l’USGA [Association de golf des États-Unis]», a-t-il raconté.

«D’avoir gagné neuf fois, c’est pas mal spécial», a-t-il enchaîné en faisant à ses trois triomphes chez les amateurs et ses trois autres alors qu’il était encore junior, dans les années 90.

Il y a maintenant 10 ans que Woods est bloqué à 14 titres de tournois du Grand Chelem, après son spectaculaire triomphe à l’Omnium des États-Unis de 2008. Depuis, des ennuis de santé — il s’est demandé l’an dernier s’il pourrait assez recouvrer la santé pour de nouveau jouer avec ses enfants — et des problèmes à l’extérieur des terrains de golf ont dressé des obstacles à sa quête du record de 18 championnats majeur de Jack Nicklaus.

Est-il surpris de ne pas encore avoir mérité son 15e titre? «J’ai eu un certain nombre d’occasions de gagner le 15e et je n’y suis pas arrivé. Je n’aime pas cette sensation. J’ai certainement eu de beaux moments et j’en ai gagné quelques-uns. Malheureusement, au cours des 10 dernières années, ce ne fut pas le cas.» 

«Le golf est toujours frustrant», a ajouté un Woods philosophe mardi, après avoir disputé neuf trous en compagnie de Dustin Johnson et Bryson DeChambeau, les gagnants des deux plus récents tournois de la PGA. «Il y a toujours quelque chose qui n’est pas vraiment à point, et il revient alors à nous les joueurs de faire les ajustements. J’espère que je pourrai rassembler tous les éléments. On verra bien ce qui arrivera.»  AP