Michel Platini à Monaco, en août 2015

L’ancienne vedette de soccer Michel Platini arrêté

PARIS - L’ancien président de l’UEFA, Michel Platini, a nié avoir commis tout acte répréhensible lors de son interrogatoire par la police, mardi, à la suite de son arrestation dans le cadre d’une enquête pour corruption relative au vote qui a permis au Qatar d’obtenir la présentation de la Coupe du monde 2022.

Confirmant la nouvelle publiée par le journal d’information numérique Mediapart, un responsable judiciaire a déclaré à l’Associated Press que Platini avait été placé en garde à vue lorsqu’il a été convoqué au bureau de la police judiciaire anticorruption près de Paris. Le fonctionnaire a parlé sous le couvert de l’anonymat parce qu’il n’était pas autorisé à parler de l’enquête en cours.

Platini, un ancien joueur vedette du football français, peut être remis en liberté ou officiellement mis en accusation une fois l’interrogatoire terminé.

L’équipe de communication de Platini a également révélé qu’il a été interrogé sur l’attribution du Championnat d’Europe 2016 à la France, ajoutant qu’il était «absolument confiant en l’avenir» et qu’il «n’avait strictement rien à se reprocher».

«Michel Platini s’exprime sereinement et avec précision en répondant à toutes les questions, y compris celles sur les conditions d’octroi de l’euro 2016, et il a fourni des explications utiles», indique le communiqué.

Sophie Dion, ancienne conseillère des sports de Nicolas Sarkozy alors qu’il était président français, a également été arrêtée mardi, a annoncé un responsable judiciaire. Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée sous Sarkozy, a été entendu comme témoin et n’a pas été arrêté.

L’avocat de Platini, William Bourdon, a déclaré que l’ancien meneur de jeu de la Juventus avait également été interrogé en tant que témoin et placé en détention uniquement pour «des raisons techniques».

Les procureurs financiers français ont enquêté sur le processus de candidatures pour les Coupes du monde 2018 et 2022 et ont déjà interrogé l’ancien président de la FIFA, Sepp Blatter. Les services des procureurs financiers français ont ouvert l’enquête sur des motifs de corruption privée, d’association de malfaiteurs, de trafic d’influence lié aux Coupes du monde de 2018 et 2022, attribuées respectivement à la Russie et au Qatar.

La FIFA a déclaré être au courant de la situation au sujet de Platini, mais a refusé de commenter davantage l’affaire.

La principale source d’intrigue touche la décision de Platini de voter pour le Qatar.

Blatter, qui était président de la FIFA lors du vote en 2010, a reproché à Platini d’avoir renoncé à un «accord de gentleman» secret prévoyant l’octroi du tournoi 2022 aux États-Unis.

Platini a déclaré à l’AP en 2015 qu’il «aurait peut-être dit» à des responsables américains qu’il voterait pour la candidature des États-Unis. Il a toutefois changé d’avis après une réunion organisée en novembre 2010 par le président de l’époque, Nicolas Sarkozy, à sa résidence officielle à Paris et par le prince héritier du Qatar, l’actuel émir, Tamim ben Hamad al-Thani.

Platini a longtemps insisté sur le fait que la réunion n’avait pas influencé son vote pour le Qatar moins de deux semaines plus tard.

«Sarkozy ne m’a jamais demandé de voter pour le Qatar, mais je savais ce qui serait bien», a-t-il déclaré à l’AP en 2015.

Mais Blatter a affirmé dans une entrevue accordée au Financial Times en 2015 que Platini lui avait dit avant le vote pour l’attribution de la Coupe du monde: «Je ne suis plus dans votre camp parce que le chef de l’État m’a dit que nous devrions considérer la situation de la France.»

Platini et Blatter ont tous deux perdu leurs fonctions au sommet du football en 2015. La FIFA a suspendu Platini pour faute financière en lien d’un paiement de deux millions $ US autorisé par Blatter - une suspension qui expirera en octobre.