Christine Labrie

Labrie demande un moratoire sur le développement des maternelles quatre ans

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, demande au ministre de l’Éducation Jean-François Roberge un moratoire sur le développement des maternelles quatre ans.

Mme Labrie a interpellé le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge, mercredi matin, à l’Assemblée nationale.

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« Le projet de maternelle 4 ans est dénoncé partout comme non réaliste et potentiellement nuisible. Qu’est-ce que ça va prendre pour que le ministre comprenne que son projet n’est pas souhaité ni par le milieu de l’éducation ni par le milieu de la petite enfance? Je demande au ministre un moratoire sur son projet de maternelle 4 ans et qu’il commande des études sur les meilleurs moyens de favoriser le dépistage précoce. »

« On a des écoles qui refusent des élèves dans des vocations parce qu’elles manquent de places (...) C’est criant à Montréal et même à Sherbrooke... Dans des centaines d’écoles primaires, il n’y a plus de locaux d’anglais et de bibliothèques... » a fait valoir Christine Labrie, porte-parole en matière d’éducation de Québec solidaire (QS).

La pénurie de locaux n’est pas seulement un enjeu, mais une crise, soulève-t-elle.

« Ça ne suffit pas d’être un ancien enseignant pour être un bon ministre de l’Éducation (...) Le besoin le plus primaire c’est d’avoir des locaux en ce moment. Il y a des milliers d’enfants dans des maisons mobiles parce qu’on manque de place. Les trois quarts des écoles primaires ont besoin de rénovations majeures et au lieu de s’attaquer à cette crise-là, le ministre s’attaque à des réformes de gouvernance. On en a déjà vu des ministres faire des réformes de structure, et on en subit encore les conséquences... »

Le ministre de l’Éducation a reconnu la problématique des manques de locaux, particulièrement dans la région de Montréal. Il a fait valoir que son gouvernement allait « réparer les pots cassés ».

« Je ne pense pas que ce soit nuisible d’offrir davantage de choix et davantage de places (...) C’est vrai que ça ne fait pas l’unanimité, mais on ne fera pas un moratoire chaque fois que ça ne fait pas l’unanimité », a réagi M. Roberge.

« On va travailler à combler le manque de locaux à certains endroits pendant qu’on va faire d’autres choses. C’est pas vrai qu’on va retaper les locaux sans s’occuper des manques de professionnels dans les écoles primaires et secondaires... On va trouver plusieurs solutions », a plaidé le ministre. Dans la province, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) fait partie des organisations où le manque de places est criant. La CSRS réclame à Québec plusieurs projets d’ajouts d’espace, notamment pour une toute nouvelle école primaire (temporairement appelée D) et un nouvel établissement secondaire qui pourrait accueillir environ 1000 élèves. C’est sans compter toutes les écoles qui sont à l’étroit, dont Mitchell-Montcalm, la Maisonnée, Marie-Reine (où le personnel et le conseil d’établissement plaident pour un agrandissement) et Jardin-des-Lacs à Saint-Denis-de-Brompton, où un second agrandissement est espéré.

La députée solidaire a également fait ressortir à l’Assemblée nationale la mobilisation du milieu de la petite enfance devant le déploiement des maternelles quatre ans. Le Devoir révélait mercredi que des services de garde de la province et des éducatrices se mobilisent afin de convaincre le gouvernement caquiste de renoncer au déploiement universel des maternelles 4 ans.

« Dans les CPE, ils sont en mesure de faire du dépistage auprès des enfants, de faire des suivis aux parents », énumère Mme Labrie, qui estime que son collègue à l’Éducation fait preuve d’un manque d’écoute.