À Québec, le dispensaire 710 Smoke & Vapors propose à ses clients, moyennant le versement de 200 $, une rencontre par Skype avec un médecin ontarien qui analysera son dossier et décidera ou non de lui prescrire du cannabis médical.

La télémédecine, une pratique bannie

Alors que plusieurs cliniques ou dispensaires du Québec dirigent leurs clients vers des médecins d’Ontario ou de Colombie-Britannique qui leur prescriraient de la marijuana en utilisant le logiciel de communication Skype, les collèges des médecins du Canada se seraient pourtant entendus pour bannir cette pratique, selon le Collège des médecins du Québec.

À Québec, le dispensaire 710 Smoke & Vapors propose à ses clients, moyennant le versement de 200 $, une rencontre par Skype avec un médecin ontarien qui analysera son dossier et décidera ou non de lui prescrire du cannabis médical. Leslie Labranche, porte-parole du Collège des médecins du Québec, insiste sur le fait que non seulement son organisme interdit cette pratique, mais que les collèges des médecins de toutes les provinces font de même.

«Tous les Collèges des médecins du Canada se sont entendus pour interdire la télémédecine dans le cadre de prescription de cannabis. Le Collège des médecins a eu vent de quelques dispensaires qui ont ouvert leurs portes, mais il a une juridiction uniquement sur les médecins. L’ouverture de ces dispensaires et la légalité de ceux-ci relèvent de la sécurité publique», a-t-elle expliqué au Soleil, consciente toutefois que la pratique de délivrer des prescriptions par Skype existe.

«Plusieurs personnes voient des opportunités d’affaires et ouvrent des boutiques ou des dispensaires qui facilitent les démarches des patients pour obtenir du cannabis médical. Plusieurs de ces endroits offrent des consultations avec des médecins, qui pratiquent dans une autre province canadienne, par Skype», poursuit-elle, ajoutant que le Collège des médecins du Québec n’a cependant pas juridiction sur les médecins des autres provinces.

«Nous avons juridiction uniquement sur les médecins qui font partie du Collège des médecins du Québec. Par contre, si on avait vent de noms de médecins d’autres provinces qui prescrivent du cannabis par télémédecine, on pourrait communiquer leurs noms aux collèges des médecins de leurs provinces», signale Mme Labranche.

Recherche scientifique

Les dispensaires de marijuana thérapeutique du Québec se plaignent que les médecins québécois sont réticents à prescrire du cannabis et pointe du doigt le Collège des médecins. Mme Labranche a tenu à rectifier que le Collège n’interdisait pas à ses membres de prescrire du cannabis. «Avant, Santé Canada demandait uniquement au médecin d’attester une condition médicale et en 2013, Santé Canada demandait plutôt de prescrire du cannabis à des fins médicales. Nous, on a un problème, car le cannabis séché à des fins médicales n’est pas un médicament connu et n’a pas fait l’objet de recherches scientifiques assez avancées puisque le médecin ne connaît pas les indications, le dosage, les effets bénéfiques et les effets secondaires», explique la porte-parole.

Le Collège des médecins a ainsi décidé de privilégier la voie de la recherche. Les médecins du Québec peuvent donc prescrire du cannabis à des fins médicales, mais uniquement dans le cadre de recherches. Ils peuvent ainsi participer au projet de recherche Registre Cannabis-Québec du Centre universitaire de santé McGill et du Consortium canadien pour l’investigation des cannabinoïdes ou à un autre projet de recherche s’il est approuvé par un comité d’éthique.