Le «Saaremaa», un navire présentement en Allemagne, a subi une collision avec un cargo le 26 mars dernier.

La Société des traversiers a bien acquis le «Saaremaa», un bateau accidenté

BAIE-COMEAU — Même si elle a toujours refusé de le confirmer, la Société des traversiers du Québec (STQ) a bel et bien acquis le «Saaremaa», ce navire présentement en Allemagne et qui a subi une collision le 26 mars dernier avec un cargo. Cette acquisition sera officialisée mercredi après-midi

Selon la firme DNV GL, grand joueur mondial dans le domaine des services maritimes et qui répertorie notamment l’enregistrement des navires sur la planète, c’est bien le cas. Sur le site Web de l’entreprise, quand on tape le nom Saaremaa, c’est la Société des traversiers du Québec qui apparaît sous la rubrique Propriétaire.

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Dans un communiqué laconique, la STQ confirme être en processus d’acquisition du Saaremaa comme navire de relève permanent. «Il s’agit d’une transaction internationale complexe qui n’est pas officialisée. La STQ réservera ses commentaires pour le moment», a lancé l’organisme, soulignant que la presse sera convoquée mercredi à ce sujet.

Interrogé au lendemain de l’accident en Allemagne, le porte-parole de la STQ avait refusé de dire qu’elle reluquait le Saaremaa. «Nous n’avons jamais identifié le navire de relève pour lequel nous sommes en négociation et nous ne le ferons pas tant qu’elles ne seront pas terminées», avait alors lancé Alexandre Lavoie. 

On se souviendra que le 26 mars, le Saaremaa est entré en collision avec le cargo Curaçao Pearl, subissant des dommages qui n’affecteraient toutefois pas sa navigabilité. D’après le site vesseltracker.com, qui dit citer la police du port de Cuxhaven où s’est produit l’accident, les conditions de navigation étaient difficiles cette journée-là et le manque d’expérience du capitaine n’aurait pas facilité sa tâche. En fait, l’ensemble de l’équipage à bord était nouveau, selon le site.

Dès qu’il sera disponible, le Saaremaa devrait être affecté à la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout, privée de navire pouvant accueillir des voitures depuis la «retraite forcée» de l’Apollo en raison de ses nombreux problèmes, dont ses collisions avec les quais de Godbout et de Matane.

160 voitures, 600 passagers

L’Apollo avait commencé son service un mois plus tôt, en février, après avoir été acheté au coût de 2,1 millions $ pour à peine 17 jours de service. Cette solution avait été imaginée par la STQ pour pallier à l’absence du F.-A.-Gauthier, hors service depuis décembre de son trajet habituel et qui ne reviendra pas dans le fleuve avant la mi-août, au mieux.

Construit en 2010 en Norvège, le Saaremaa a une longueur de 98 mètres et une largeur de 18 mètres. Selon les informations disponibles sur la Toile, il a une capacité de 160 voitures et de 600 passagers, soit un peu moins que le F.-A.-Gauthier, qui peut transporter 180 véhicules et 800 passagers.

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BONNARDEL AUSSI MUET QUE LA STQ

François Bonnardel refuse lui aussi de se prononcer sur l’acquisition du Saaremaa par la Société des traversiers du Québec (STQ), invitant à suivre l’annonce de mercredi, mais convient que les prochains bateaux devront être meilleurs dans les glaces que les navires actuels.

Soulignant que le dernier hiver a été particulièrement éprouvant en ce qui concerne la navigation sur le Saint-Laurent, le ministre des Transports se demande si une telle quantité de glace ne deviendra pas la norme plutôt que l’exception dans les années à venir.

«Je pense qu’il faut se pencher nécessairement sur la construction des prochains bateaux et se dire : est-ce que les propulseurs, les moteurs sont assez forts pour naviguer dans ces glaces dans le futur?» a-t-il déclaré en point de presse, signalant que ces prochains bateaux devront avoir un certain pourcentage de contenu québécois.

M. Bonnardel répondait ainsi à une question sur le Qajaq W, le navire jumeau du Saaremaa, qui a connu un baptême laborieux dans sa nouvelle desserte, celle entre Blanc-Sablon, à l’extrême est du Québec, et St. Barbe, sur l’île de Terre-Neuve. «Dans des conditions normales de glace, on peut opérer», a-t-il assuré en ajoutant que le capitaine du Qajaq W «n’a jamais vu des conditions aussi difficiles cet hiver».

Le ministre s’est également dit convaincu que la flotte actuelle de la STQ est «adéquate» et qu’il ne faut pas rejeter toute la faute sur les épaules de cette dernière, qui est prise sans navire de relève. «Je vous le répète, le gouvernement libéral avait la possibilité d’acheter un bateau. On ne l’a pas fait.»