Rencontré au siège social de la Sépaq à Québec, John MacKay, le pdg de la société d’État, a présenté le nouveau logo de l’organisation.

La Sépaq change d'image

Après avoir cherché ces dernières années à rajeunir sa clientèle en prenant un virage famille, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) s’offre maintenant un coup de fraîcheur visuel en dévoilant une toute nouvelle image de marque.

«Il fallait qu’on dote la Sépaq d’un nouveau logo. Plus cohérent, rassembleur. Qui pouvait susciter un sentiment de fierté plus fort. Qui était plus représentatif», a résumé en entrevue mardi le président-directeur général John MacKay.

Il est vrai que la signature propre à la Sépaq avait peu changé depuis 33 ans. L’organisation a donc décidé de travailler à l’interne sur un concept plus moderne et plus uniforme qui sera graduellement déployé sur l’ensemble de la cinquantaine d’établissements à travers le Québec.

«C’est un grand changement par rapport à la façon dont on se véhiculait sur le plan marketing et image de marque. Parce qu’on se véhiculait de façons distinctes dans nos trois réseaux, les Centres touristiques, les Réserves [fauniques] et Parcs Québec. Chacun de nos établissements avait un sigle identifié à leur réseau», a précisé John MacKay.

Un travail de refonte fait tout à l’interne par des membres de l’équipe de la Sépaq, souligne avec fierté le pdg. Il explique que le déploiement se fera sur deux ans. Une façon de faire qui ne devrait pas engendrer de grands frais pour la modernisation de l’image de la société d’État, assure-t-il.

Papeterie, affiches et autres produits signés seront progressivement remplacés selon le rythme habituel. Idem pour les véhicules qui devront être relettrés. Le changement devrait se faire selon le cycle de remplacement régulier. «On va épuiser nos stocks», assure l’ingénieur de formation, à la tête de la Sépaq depuis 2015. Au final, le dirigeant calcule à environ 75 000 $ la création de la nouvelle image, principalement en coûts de recherche.

En vert, le nouveau logo incorpore la lettre «Q», pour le territoire du Québec, à une forme de goutte d’eau ou encore de feuille, au centre, pour symboliser la nature. La forme triangulaire du bas complète la symbolique en faisant référence au camping, à l’hébergement. En noir, la police d’écriture de l’acronyme «Sépaq» a pour sa part été rafraîchie.

Plan stratégique 2017-2022

En plus de présenter aux médias la nouvelle image de la Sépaq, John MacKay a profité de l’occasion mardi pour détailler les grandes orientations que poursuivra son organisation jusqu’en 2022.

Encore et toujours, parents et enfants seront au cœur des stratégies pour les prochaines années. La gratuité pour les 17 ans et moins, l’accès sans frais à des équipements dédiés pour les familles, des programmes spéciaux pour les jeunes… autant de mesures qui ont aidé la Sépaq a augmenter l’achalandage dans ses parcs nationaux. Une fréquentation record de 7,2 millions de jours-visites a d’ailleurs été enregistrée en 2016-2017.

«Il fallait qu’on travaille sur notre relève», a estimé le directeur. John MacKay note que la réponse des familles a été à la hauteur des attentes, alors que la présence des enfants en deux ans a notamment augmenté de 46% en période estivale dans les parcs nationaux.

Conscient que le modèle familial est en changement — les familles sont plus petites, éclatées ou encore recomposées — et que la population est de plus en plus en déficit de nature, John MacKay et son équipe souhaitent poursuivre l’offensive plein air en innovant.

Nouveaux forfaits de chasse et de pêche à prix réduits, amélioration de l’accès hivernal aux parcs nationaux, diversification de l’hébergement, notamment par l’ajout de nouveaux types de prêt-à-camper, offre de nouvelles activités… les initiatives vont se multiplier pour inciter la population à aller jouer dehors.

Il faut dire que l’objectif de la Sépaq est ambitieux: dépasser 35% d’augmentation de la fréquentation d’ici 2022, en plus d’attirer 25% de nouveaux clients! Et n’y voyez pas là un geste commercial, insiste John MacKay.

Pour le grand patron de la Sépaq, plus de visiteurs indiquerait d’abord que la population est plus fière de son territoire et de ses attraits. Qu’elle serait davantage «reconnectée» à la nature.

Un contact renouvelé avec les bienfaits du grand air qu’a à cœur le pdg. «On a un rôle social. On contribue à une meilleure société…»

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CONVENTIONS COLLECTIVES: MACKAY OPTIMISTE

Depuis le 31 décembre dernier, les employés de la Sépaq se retrouvent avec leur convention collective échue. À défaut de vouloir s’avancer sur le processus de négociations en cours, John MacKay, le pdg de la société d’État, est optimiste pour la tournure des événements. «Actuellement, on est en discussion avec les syndicats et ça va très, très bien. On ne s’attend pas à des enjeux majeurs. On a une bonne relation avec nos syndicats et on aborde ça avec une attitude totalement positive.» Le directeur admet cependant qu’il se retrouve «un peu en sandwich» entre les syndicats et le conseil du Trésor, qui doit ultimement approuver la nouvelle convention. «Mais ça va bien. Autant d’un côté que de l’autre. [...] Nous ne sommes pas actuellement dans une discussion qui prête à conflit.» En haute saison à travers le réseau, la Sépaq emploie 3000 personnes.

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BRANCHÉS EN NATURE... MAIS PAS TROP

Consciente que l’on n’arrêtera pas le progrès ni l’intérêt de la population pour les outils technologiques, l’équipe de la Sépaq poursuit le développement d’applications pour bonifier l’offre dans ses établissements. Une version renouvelée de L’Explorateur Parc Parcours est en route. «L’application était un peu vieillissante…» concède John MacKay. D’autres outils devraient aussi apparaître, notamment avec de la cartographie plus spécialisée. Comme pour les pêcheurs, qui, grâce à la bathymétrie pourraient savoir précisément où sont les bons «spots» où lancer leur ligne. Puis, le réseau WiFi sera étendu davantage dans l’avenir, mais pas partout. «On veut le meilleur des deux mondes», résume le pdg de la Sépaq, qui tient à la technologie, mais aussi au calme débranché en nature.

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FIDÉLISATION AU GRAND AIR

Dans les cartons de la Sépaq, un programme de fidélisation est à l’étude. La Société d’État s’intéresse à ce qui se fait dans le domaine. Une façon de récompenser les habitués qui pourraient accumuler des points-récompenses. Des forfaits ou des nuitées pourraient, par exemple, être offerts. Le grand patron John MacKay s’attend à ce que le tout soit mis en place avant 2020. 

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