La SCHL prévoit une activité plus modérée

L’activité du marché immobilier canadien devrait connaître une modération au cours des deux prochaines années, alors que la croissance des prix de l’immobilier commence à ralentir pour s’aligner davantage sur les données fondamentales de l’économie, a indiqué mardi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

L’activité du marché immobilier canadien devrait connaître une modération au cours des deux prochaines années, alors que la croissance des prix de l’immobilier commence à ralentir pour s’aligner davantage sur les données fondamentales de l’économie, a indiqué mardi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Dans ses perspectives annuelles publiées mardi, l’agence nationale pour le logement prévoit une diminution des mises en chantier et des ventes en 2019 et 2020.

Elle prévoit que les mises en chantier de logements individuels et de logements multiples reculeront entre 193 700 et 204 500 en 2019, tandis que les ventes devraient se dénombrer entre 478 400 et 497 400. Les prix devraient quant à elles se situer entre 501 400 $ et 521 600 $.

«Ce que nous retenons surtout de nos perspectives cette année, c’est la modération de l’activité qui s’annonce sur les marchés de l’habitation du Canada en 2019 et 2020», a affirmé dans un communiqué l’économiste en chef de la SCHL, Bob Dugan.

«Les mises en chantier d’habitations devraient diminuer par rapport aux niveaux plus élevés que nous avons observés récemment. Selon nos prévisions pour 2019 et 2020, les ventes de logements existants resteront inférieures au sommet récent, tandis que les prix s’établiront à des niveaux plus en phase avec les facteurs économiques fondamentaux comme la croissance du revenu, de l’emploi et de la population.»

L’agence s’attend à une diminution du nombre de mises en chantier de maisons individuelles en raison de plusieurs facteurs, notamment la disponibilité des lots, les prix des logements et la hausse des coûts d’emprunt.

Les mises en chantier de logements collectifs devaient également diminuer, en partie à cause du ralentissement anticipé de la croissance du groupe d’âge des 25 à 34 ans, qui représente une proportion importante des premiers acheteurs. Toutefois, une partie de la tendance à la baisse pourrait être contrebalancée par le vieillissement de la population, puisqu’un nombre plus élevé de personnes âgées pourraient envisager de se tourner vers des logements de plus petite taille.

L’agence s’attend à ce que la demande continue d’évoluer vers des options de logement relativement moins onéreuses, comme les copropriétés, par rapport aux maisons individuelles plus luxueuses.

La SCHL affirme qu’elle considère toujours les tensions commerciales comme un «risque» pour l’économie canadienne et le marché de l’habitation, malgré le récent accord commercial conclu entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

La hausse des taux hypothécaires devrait également affecter la demande de logements et le marché de la revente, a ajouté la SCHL.

Dans ses perspectives, l’agence prévoit que les prix des logements connaîtront une «légère hausse» après une certaine modération.

«Par contre, la plus faible croissance de l’emploi et du PIB, conjuguée à la remontée graduelle des taux hypothécaires, limiteront l’expansion de la demande de logements existants d’ici 2020», explique le rapport. «À mesure que la demande diminuera par rapport à l’offre, les conditions du marché devraient se détendre.»

La SCHL a également averti que les ménages canadiens demeuraient vulnérables en raison de leur lourd endettement.

«Si les taux d’intérêt ou les taux de chômage devaient augmenter plus que prévu, les ménages très endettés pourraient être obligés de limiter encore davantage leur consommation, ce qui exercerait des pressions à la baisse sur l’économie et le marché de l’habitation», a observé la SCHL.