Une personne sur huit souffre d’allergies saisonnières au Québec — ce qui représente un peu plus d’un million de personnes.

La pluie ralentit les allergies saisonnières

Une personne sur huit souffre d’allergies saisonnières au Québec — ce qui représente un peu plus d’un million de personnes. Qu’on l’appelle « allergie saisonnière », « rhume des foins » ou « rhinite allergique », les symptômes sont les mêmes : nez qui coule abondamment ou au contraire très congestionné, yeux qui piquent, éternuements à répétition, maux de tête, picotement et démangeaison du nez de la gorge et des oreilles ou augmentation de l’asthme pour ceux qui en souffrent déjà. De quoi se sentir en bien mauvais état, quoi!

Le réchauffement climatique entraîne des conséquences pour les allergiques. Des bonnes et des mauvaises en fait.

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Commençons par la mauvaise. « Le réchauffement climatique allonge la période pendant laquelle les plantes et les arbres produisent du pollen. Avant, les premiers gels arrivaient à la mi-septembre. Maintenant, ça va souvent à la fin octobre. Par conséquent, la période des allergies risque d’être plus longue aussi, et les gens d’être malades plus longtemps », explique le Dr Marek Rola-Pleszczynski, allergologue et immunologue clinique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La bonne nouvelle ensuite. En effet, les caprices de Dame nature ce printemps ont leurs bons côtés. Il fait froid, la pluie est trop souvent au rendez-vous, mais les nez coulent moins que d’autres années. « La pluie rabat le pollen par terre. Ainsi, le pollen risque moins d’atteindre le nez et les yeux des patients », nuance Marek Rola-Pleszczynski.

Cause inconnue

Mais pourquoi devient-on allergique au pollen des arbres? « Les allergies saisonnières, comme la plupart des allergies, que ce soit aux animaux ou à des aliments, ne peuvent pas être prévenues parce qu’on n’en connaît pas la cause », soutient le médecin.

Et non seulement on ne peut pas les prévenir, mais les allergies peuvent aussi se développer à tout âge. « Ce que l’on sait, c’est que ça prend une certaine exposition. Donc on ne verra pas souvent d’allergies saisonnières chez les enfants de moins de deux ans. Mais ensuite, ça peut apparaître n’importe quand : à 6 ans, 25 ans, 35 ans ou 65 ans, et on ne sait pas pourquoi », ajoute le Dr Rola-Pleszczynski.

La belle saison offre trois grandes familles de pollen susceptibles de faire couler les nez. D’abord il y a les pollens des arbres et des arbustes de mars à juin, puis le pollen des graminées comme le gazon et le foin de mai à octobre et enfin l’herbe à poux de juillet à octobre.

« Quand on fait les tests, on voit que les gens sont souvent allergiques à au moins deux des allergènes, parfois aux trois, et rarement à un seul », soutient celui qui est professeur à l’Université de Sherbrooke.

Traitements efficaces

Si la recherche médicale n’a pas encore permis de comprendre la cause des allergies, n’empêche qu’il existe certains traitements efficaces sur le marché. Tout espoir n’est donc pas perdu pour celui qui développe une allergie saisonnière, au contraire.

« L’idéal, c’est évidemment d’éviter l’exposition aux allergènes. Ce n’est pas évident dans le cas des pollens, mais on recommande quand même d’éviter d’étendre du linge sur une corde à l’extérieur parce que le pollen va coller sur le tissu humide, et on essaie aussi d’éviter d’ouvrir grand les fenêtres pour pouvoir être protégé dans la maison », soutient le médecin et professeur.

Ensuite, il y a plusieurs médicaments en vente libre qui sont efficaces. Et presque tous équivalents. « On peut demander conseil au pharmacien », précise le Dr Rola-Pleszczynski.

Et quand ça ne fait plus, il faut consulter un médecin. « Il y a d’autres médicaments sous prescription que l’on peut prendre pour atténuer les symptômes. Et pour les cas les plus sévères, il y a la désensibilisation qui présente 70-80 % d’efficacité. Mais elle dure normalement trois ans, alors elle demande un engagement prolongé de la part du patient », conclut l’allergologue et immunologue.