Le manque de main-d’œuvre est tel qu’il compromet a croissance de certaines PME.

La pénurie s’accroît dans le secteur manufacturier

La pénurie de main-d’œuvre persiste dans le secteur manufacturier. Selon les plus récentes données du Baromètre québécois de STIQ auprès de 500 PME, plus de 4000 postes sont à pourvoir.

Ce manque de main-d’œuvre compromet même la croissance de certaines PME. En moyenne chaque PME a huit postes à combler. Les entreprises de 10 à 19 employés sont les plus touchées. Le nombre d’emplois disponibles pour les petites entreprises représente 21 % du nombre total d’employés.

Si on projette cette donnée sur les 2750 PME manufacturières de la base de données de l’organisme STIQ (Sous-traitance industrielle Québec) ayant entre 10 et 500 employés, environ 21 700 postes seront à combler en 2019.

«Bien qu’il n’y ait pas de solution miracle, le contexte de pénurie pousse les entreprises à être plus innovantes dans le recrutement, à améliorer leurs pratiques de gestion des employés et à rendre leur organisation plus attrayante auprès des jeunes», a souligné le président et directeur général de STIQ, Richard Blanchet, mardi à Québec lors du dévoilement de l’étude.

Une bonne nouvelle dans tout ça, 63 % des PME ont connu une augmentation significative de leur chiffre d’affaires par rapport à 2017. De plus après une relative stagnation de 2015 à 2017, les exportations internationales québécoises ont connu un essor en 2018 atteignant 92 milliards $.

Investir dans le numérique

Les entreprises québécoises sont en retard sur les investissements par rapport à leurs voisins ontariens. Pourtant, investir, «ça rapporte», selon STIQ. Les entreprises qui innovent sont plus compétitives, le chiffre d’affaires augmente ainsi que les ventes à l’étranger. Entre 2013 et 2017, le retard avec l’Ontario est passé de 8,3 % à 15,4 %.

«Dans une économie en constante évolution, on ne peut plus seulement se positionner en spectateur et espérer un changement. On a besoin de nouveaux outils pour aider nos entreprises à investir davantage dans l’innovation et les technologies numériques», a fait valoir le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

C’est d’autant plus vrai pour les entreprises de moins de 20 salariés. Près de la moitié n’ont pas encore commencé à intégrer les technologies numériques dans leurs processus opérationnels et de gestion. Il est donc urgent selon le STIQ que ces petites entreprises fassent appel à des ressources spécialisées et qu’elles profitent des outils et des programmes disponibles pour les accompagner. «Plus de 700 millions $ sur six ans qui sont prévus au budget pour l’innovation et l’intelligence artificielle», a fait valoir le ministre Fizgibbon.

Délais trop longs pour l’immigration 

Les propriétaires des PME ont aussi profité de la présence du ministre de l’Économie du Québec pour l’interpeller sur les délais trop longs pour faire venir des travailleurs de l’étranger et lui demander une subvention pour les accompagner dans leurs démarches.

Pour Pierre Fitzgibbon, une subvention n’est pas sur la table actuellement. «Ce ne sont pas des subventions qu’il faut, ce n’est pas un enjeu. Il faut plutôt accélérer le processus de l’immigration économique», a-t-il affirmé. Le ministre de l’Économie renvoie également la balle vers Ottawa pour donner des visas aux travailleurs plus rapidement.