Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge compte déposer bientôt des amendements au projet de loi 40, au sujet du processus de révision de notes des élèves.
Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge compte déposer bientôt des amendements au projet de loi 40, au sujet du processus de révision de notes des élèves.

La pénurie d’enseignants, le plus grand défi de 2020, selon le ministre Roberge

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, affirme que la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit dans les écoles du Québec sera son plus grand défi en 2020.

Par contre, il ne voit pas de solution à court terme et prévoit même que cela prendra «quelques années» avant de «passer à travers», en d’autres mots, doter les écoles de tout le personnel dont elles ont besoin.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale mardi, il a déclaré sans hésiter que la pénurie d’enseignants et de personnel dans les écoles sera cette année son principal défi. «C’est quelque chose sur lequel on travaille en continu.»

Il n’a pas chiffré la pénurie, mais en septembre dernier, son ministère avait calculé qu’il manquait au moins 360 enseignants pour combler les besoins dans les écoles du Québec.

De ce nombre, 84 % des postes vacants se trouvaient dans la métropole et dans la partie nord de la couronne de Montréal.

La situation s’est quelque peu améliorée; il reste à pourvoir 197 postes d’enseignant à temps plein — dont 95 dans la région de Montréal, selon Bryan St-Louis, responsable des relations de presse au ministère.

Il n’empêche que le ministre continue de s’attarder aux «moyens» plutôt qu’à la «finalité», soit la persévérance et la réussite éducative, a aussitôt déploré Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).

«Si on veut cibler la finalité, c’est comment travailler tout le monde ensemble, pas dans un débat de structures stérile, mais [...] pour que l’élève apprenne plus, l’élève reste à l’école et qu’au bout de la ligne, on ait l’école la plus équitable et la plus accessible possible.

«Pour moi, ça demeurera toujours le plus grand défi», a-t-il ajouté.

Amendements attendus

Alain Fortier en a particulièrement contre le projet de loi 40, qui vise à abolir les élections scolaires et transformer les commissions scolaires en centres de service, et dont l’étude détaillée reprenait mardi.

Le ministre Roberge a fait savoir à son arrivée au parlement, où il a été accueilli par des manifestants de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qu’il déposera bientôt des amendements concernant notamment le processus de révision de notes des élèves.

Le projet de loi 40 prévoit qu’un directeur d’école puisse majorer la note d’un élève. Cet article sera selon toute vraisemblance modifié afin de permettre à un enseignant, possiblement d’une autre école, de trancher en cas de litige.

Il ne sera plus question dans le projet de loi de «majorer» une note, mais bien de la «réviser» à la hausse ou à la baisse, a ajouté le ministre.

Selon l’opposition libérale, le gouvernement ne fait que continuer d’attaquer l’autonomie professionnelle de l’enseignant. «Je trouverais ça très mal venu qu’un enseignant d’une autre direction d’école donne une note à un élève qu’il n’a jamais vu», a réagi la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy.

«Ça me fait beaucoup penser aux maternelles 4 ans, il y a eu beaucoup d’empressement, a-t-elle renchéri. Lorsqu’on touche au réseau de l’éducation, il faut d’abord faire le travail en amont. Encore une fois, il fait le travail par la suite.»

Journées sans élèves: «J’ai appris ça ce matin»

Marwah Rizqy s’étonne également que le ministre admette ignorer tout des «journées sans élèves». Ces journées sans enseignement, qui ne sont pas des journées pédagogiques, permettent la concertation entre enseignants, révélait La Presse mardi.

Les écoles qui font des «journées sans élèves» ajoutent du temps d’enseignement à la fin de certaines journées pour qu’au final, leurs élèves aient eu l’équivalent en temps de 180 jours.

Dans certains cas, les parents qui ne peuvent garder leur enfant à la maison doivent payer pour les envoyer au service de garde. «J’ai appris ça ce matin, a admis M. Roberge. Je ne veux pas prendre position à ce moment-ci.»

«C’est inacceptable que des parents doivent payer des frais supplémentaires quand une décision comme celle-là est prise. Pour moi, il y a une ligne qui est franchie», a pour sa part déclaré Christine Labrie de Québec solidaire.