Le grand-père de Cédrika Provencher, Henri Provencher.
Le grand-père de Cédrika Provencher, Henri Provencher.

La pandémie malmène la Fondation Cédrika-Provencher

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Treize ans se sont écoulées depuis ce triste 31 juillet 2007, alors que Cédrika Provencher a été enlevée avant d’être assassinée. Depuis toutes ces années, son grand-père Henri Provencher tient à bout de bras la Fondation Cédrika-Provencher. Et celle-ci est grandement malmenée par la pandémie, si bien qu’aucune activité n’aura lieu cette année dans le cadre de la Journée mondiale de prévention des enlèvements d’enfants.

«Il n’y a plus aucun sou qui entre à la Fondation depuis le mois de mars. Les activités que nous avions préparées sont tombées à cause de la COVID-19», mentionne en entrevue le grand-père de Cédrika, Henri Provencher. «J’essaie de garder ça vivant en espérant qu’on va pouvoir reprendre de plus belle éventuellement.»

L’interdiction de tenir de grands rassemblements et le manque de ressources tant humaines que financières de la Fondation en cette période de pandémie ont eu raison d’une fête familiale initialement prévue ce vendredi avec les superhéros et princesses de la Ligue des héros. Un événement comme celui-là permet à la Fondation Cédrika-Provencher de sensibiliser la population aux enlèvements d’enfants en plus de récolter des dons.

Mais pour poursuivre sa mission, la Fondation Cédrika-Provencher doit repenser ses actions. Pour les prochains mois ou prochaines années, elle ne pourra plus tenir le même type d’activités.

«J’essaie de faire autre chose. On va y aller avec des mesures sur Internet. On n’a pas le choix. Combien de temps ça va prendre pour revenir à la normale?», soulève-t-il.

La persévérance d’Henri Provencher

Malgré la pandémie qui affecte les finances de la Fondation Cédrika-Provencher, Henri Provencher souhaite poursuivre la mission qu’il s’est donnée. Au fil des ans, il a su faire preuve d’une grande persévérance.

«Je ne me décourage pas. Petit à petit, je m’essaie encore», mentionne-t-il en parlant de l’éternelle recherche de financement.


« Je ne me décourage pas. Petit à petit, je m’essaie encore. »
Henri Provencher

«Quelqu’un va répondre un jour. Quelque chose va se passer. L’idée est de trouver de nouveaux outils pour prévenir les enlèvements d’enfants et non de faire de l’argent.»

Treize ans ont passé depuis qu’Henri Provencher a perdu sa petite-fille Cédrika.

Treize ans se sont écoulés depuis la disparition qui a secoué tout le Québec. Créée à l’origine pour recueillir des informations pouvant retrouver Cédrika Provencher, la Fondation a depuis évolué dans sa mission.

Depuis la découverte de restes de la fillette en 2015, les actions de la Fondation sont encore plus axées sur la sensibilisation à la prévention d’enfants. Et tant que l’affaire ne sera pas résolue et que le meurtrier de Cédrika ne sera pas traité en justice, la Fondation continuera de recueillir des informations.

Ces treize années pèsent cependant lourd sur les épaules d’Henri Provencher qui investit beaucoup de temps et d’énergie dans la Fondation. «La motivation est encore là. Empêcher les enfants de vivre le sort de ma petite-fille, ça me motive énormément», avoue celui qui est aujourd’hui également arrière-grand-père.

«On l’a vécu. On sait ce que ça fait. Il n’y a pas un enfant ou une famille qui mérite ça.»

Des souvenirs douloureux

La disparition suivie des décès tragiques de Romy et Norah a ravivé de douloureux souvenirs, confie Henri Provencher. Il ne comprend pas, dit-il, qu’on puisse faire du mal à des enfants.

«Ça me rend amer de voir que certains projets qu’on développe qui pourraient empêcher des enlèvements ne peuvent pas être menés à terme parce que nous n’avons pas les sous pour le faire», affirme Henri Provencher tout en avouant que la disparition des deux jeunes soeurs enlevées par leur père semblait être impossible à prévoir.

«Ça ne se peut pas qu’encore aujourd’hui des choses comme ça arrivent. Qu’on permette que ça arrive. Il y a des solutions, mais on ne veut pas les connaître.»

Parmi les solutions qui pourraient permettre de résoudre rapidement les enlèvements d’enfants selon Henri Provencher, il y a le projet d’application mobile proposé par la Fondation. «Ça permet aux parents de réagir rapidement et de déclencher une alerte localisée. Et ça, ça ne se fait pas. Je ne comprends pas», affirme Henri Provencher.

Cédrika Provencher

«J’ai redemandé encore cette année un soutien pour se réinventer durant la COVID-19, mais ça n’a pas fonctionné en poursuivant des projets. On ne rentre jamais dans les critères pour des subventions ou du soutien pour les employés.»