La nouvelle présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Éthier, vient de succéder à Louise Chabot.

La nouvelle présidente de la CSQ veut une solidarité autour des services publics

Les syndicats du secteur public doivent faire comprendre aux citoyens qu'il y a un lien significatif entre les conditions de travail de leurs membres et la qualité des services qu'ils reçoivent — une sorte de solidarité autour des services publics.

C'est le message qu'a livré, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, vendredi, la nouvelle présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Éthier, qui vient de succéder à Louise Chabot.

Mme Éthier était jusqu'à récemment la première vice-présidente de la CSQ. Militante syndicale depuis une trentaine d'années, elle était auparavant présidente du Syndicat de l'enseignement du Bas-Richelieu, dans la région de Sorel-Tracy et enseignait en adaptation scolaire, aux élèves en difficultés d'apprentissage.

«Il faut une solidarité autour des services publics. On parle beaucoup de conditions de travail, mais, pour nous, il y a vraiment un lien très étroit entre les conditions de travail de nos membres et la population, la qualité des services pour l'ensemble des citoyens», a-t-elle affirmé.

Réinvestir en éducation

Les partis politiques ont beau multiplier aujourd'hui les engagements en matière d'éducation — gratuité, soutien aux élèves en difficulté, maternelles — Mme Éthier reste sceptique.

«Le gouvernement libéral a commencé à réinvestir, mais ce qu'il nous a remis, comme millions de dollars, c'est vraiment loin des coupures qui ont été faites au cours des quatre années. On est vraiment loin d'avoir des réinvestissements dans les services publics qui peuvent assurer aux citoyens les services auxquels ils ont droit», tranche-t-elle.

Quant à l'intégration des élèves en difficulté, elle qui était enseignante dans ce domaine se montre fort critique.

«Le gouvernement ne comprend pas vraiment le message. Le ministre de l'Éducation actuel parle beaucoup d'inclusion. À la Centrale des syndicats du Québec, la question de l'intégration des élèves en difficulté, c'est un principe fondamental, on est d'accord. Mais il faut vraiment que les services viennent avec l'intégration des élèves en difficulté», a fait valoir Mme Éthier.

Avec les autres syndicats?

Alors que le milieu syndical vit des tensions, depuis les votes d'accréditation dans la santé qui ont fait perdre des milliers de membres aux uns et en ont fait gagner autant aux autres, Mme Éthier a dit croire encore en la nécessité des alliances syndicales.

«Ce qu'il faut remettre de l'avant, c'est l'importance de porter les mêmes causes devant le gouvernement. Notre principal ennemi — si je peux m'exprimer ainsi — c'est le gouvernement, avec sa pensée néolibérale, qui est de réduire la taille de l'État, qui est de réduire les services publics, de se centrer sur la privatisation», a-t-elle lancé.

Mais reste que c'est le conseil général de négociation, à la CSQ, qui décidera ce qu'il adviendra du front commun des secteurs public et parapublic.

«On regardera quel gouvernement on aura devant nous et on prendra une décision en conséquence. Mais je pense que les alliances sont primordiales», a opiné la nouvelle présidente.

La CSQ compte environ 200 000 membres, dont 130 000 oeuvrent dans le domaine de l'éducation. Elle en représente aussi dans les services de garde et la santé, notamment.