Le président de la FMOQ se réjouit du nombre de places offertes cette année en médecine familiale (504), le plus important depuis la dernière décennie.

La médecine familiale, une discipline moins boudée par les étudiants

Plus d’étudiants en médecine choisissent maintenant la médecine familiale, particulièrement boudée pendant le règne de l’ancien ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Les données du Service canadien de jumelage des résidents révèlent que, dès le premier tour, qui a eu lieu le 26 février, 92 % des postes de résidence en médecine familiale ont été pourvus au Québec. Sur les 504 postes disponibles, il n’en reste plus que 41.

L’an dernier, après le premier tour, seulement 87 % des postes avaient été pourvus, de sorte que 65 des 498 postes disponibles étaient restés vacants.

«Après avoir vécu deux années particulièrement difficiles, on est très content de ces résultats», a commenté le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, au cours d’un entretien avec Le Soleil.

Le Dr Godin a rappelé qu’un premier phénomène de désaffection avait été observé de 2007 à 2010, mais que les efforts mis de l’avant pour attirer les étudiants en médecine familiale avaient permis de reprendre une progression après 2010.

Puis est arrivée la loi 20 du gouvernement libéral, «les menaces et l’approche du ministre Barrette» qui ont entraîné selon lui une autre «désaffectation très importante». Au total, pour les années 2017 et 2018, pas moins de 120 postes en médecine familiale sont restés vacants, rappelle-t-il.

Résultats encourageants

Pour le Dr Godin, les résultats encourageants du premier tour de jumelage sont probablement attribuables au «changement de climat» instauré par le gouvernement de François Legault. Il calcule qu’après le deuxième tour, qui aura lieu le 10 avril, entre 96 et 97 % des postes disponibles en médecine familiale pourraient avoir été pourvus, «presque du jamais-vu».

Le président de la FMOQ se réjouit également du nombre de places offertes cette année en médecine familiale (504), le plus important depuis la dernière décennie. À titre de comparaison, seulement 346 places étaient disponibles en 2008. Aujourd’hui, 55 % des postes disponibles en résidence le sont en médecine familiale.

Toujours selon les données du Service canadien de jumelage des résidents, le nombre de places en médecine spécialisée est en baisse, avec seulement 421 postes offerts, contre un sommet de 487 en 2011. Les postes en médecine spécialisée ont cependant presque tous été pourvus après le premier tour, alors qu’il ne reste plus que 14 places vacantes.

Au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, on se réjouit de l’interprétation faite par la FMOQ quant aux motifs qui expliqueraient la hausse des inscriptions en médecine familiale. «On a dit à notre arrivée en poste que nous souhaitions collaborer avec tous les professionnels de la santé, y compris les médecins. Ce sont tous les patients québécois qui en sortiront gagnants», a commenté au nom de la ministre son attaché de presse, Alexandre Lahaie.