Rania El-Alloul à Montréal, en mars 2015  
Rania El-Alloul à Montréal, en mars 2015  

La juge Marengo veut s’excuser d’avoir demandé à une musulmane d’enlever son hidjab

La Presse Canadienne
MONTRÉAL - Une juge de la Cour du Québec qui avait refusé de permettre à une musulmane de comparaître en portant le hidjab, en 2015, souhaite maintenant présenter ses excuses, pour mettre fin aux procédures disciplinaires qui la visent.

Dans un avis non daté publié en ligne, le Conseil de la magistrature du Québec indique que la juge Eliana Marengo offrira une lettre d’excuses à Rania El-Alloul. Le Conseil précise que la juge Marengo demandera également la fin des procédures disciplinaires à son encontre.

Cette «proposition de règlement» sera étudiée par le Conseil lors d’une audience virtuelle le 8 septembre. La lettre d’excuses de la juge Marengo sera alors rendue publique ainsi que sa demande visant à mettre fin au processus disciplinaire, indique dans l’avis aux plaignants Me Paul Crépeau, directeur exécutif et secrétaire du Conseil de la magistrature du Québec.

Un porte-parole du Conseil de la magistrature du Québec a plus tard expliqué jeudi que les excuses et l’appel pour mettre fin aux procédures font partie d’une proposition conjointe entre les avocats de Mme Marengo et les procureurs du Conseil chargés de l’enquête.

Tenue appropriée

Des dizaines de plaintes avaient été déposées en 2015 contre la juge Marengo, qui avait demandé à Mme El-Alloul de retirer son hidjab avant que l’audience puisse se poursuivre. La juge avait alors déclaré qu’une salle d’audience est un espace laïque et que Mme El-Alloul violait les règles qui imposent une tenue vestimentaire appropriée au tribunal. La dame avait refusé de retirer son voile et sa cause concernant sa voiture saisie avait été ajournée.

Les commentaires de la juge Marengo avaient suscité de nombreuses plaintes auprès du Conseil de la magistrature, qui a décidé que 28 d’entre elles étaient fondées. Le Conseil a donc formé en juin 2016 un comité chargé d’enquêter sur la conduite de la juge.

La juge Marengo a alors demandé aux tribunaux de mettre fin à cette enquête, plaidant l’indépendance judiciaire. Ses demandes de révision devant la Cour supérieure du Québec, puis devant la Cour d’appel, ont été rejetées et en décembre 2018, la Cour suprême du Canada a refusé d’entendre sa cause.