Les presses du Progrès du Saguenay cesseront leurs opérations dès la mi-décembre.

La fin d'une époque

Une page d’histoire de l’imprimerie au Saguenay–Lac-Saint-Jean s’est tournée, mercredi, avec l’annonce de la fermeture des presses du Progrès du Saguenay, 131 ans après la livraison de son tout premier journal papier.

Le Quotidien et Le Progrès seront ainsi imprimés à Québec dès le 17 décembre, en vertu d’une entente de principe de trois ans conclue avec TC Transcontinental.

Le premier journal a été imprimé en 1887.En raison de la perte récente de contrats externes aux mains de l’imprimeur montréalais Québecor, la rentabilité des presses du Progrès du Saguenay était devenue impossible.

Cette nouvelle provoque la mise à pied de deux employés-cadres, d’une quinzaine de travailleurs permanents et des employés surnuméraires affectés aux presses et à l’encartage. 

« Les derniers mois ont été particulièrement difficiles pour notre imprimerie, a avoué le président et éditeur du Quotidien et du Progrès, Michel Simard. Les contrats externes qui ont pris fin récemment représentaient 92 % des revenus de l’imprimerie et procuraient une rentabilité à ce secteur d’activité. »

Travailleurs sous le choc

Les travailleurs touchés, dont certains œuvrent aux presses depuis plus de 30 ans, ont encaissé le choc mercredi matin. 

« Depuis un bout de temps, on voyait que ça diminuait, que c’était plus difficile. On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi rapide, a affirmé le président du syndicat des pressiers, Paul Bélanger. La poussière doit retomber, mais ce sont tous des gens qui ont en moyenne 45-50 ans et qui ont passé leur vie dans l’imprimerie. On va mettre tous nos efforts pour tenter de les relocaliser, mais à l’aube de la cinquantaine, ce n’est pas évident pour tout le monde. »

Michel Simard a dit avoir été « impressionné » par la résilience des employés touchés par la fermeture des presses. 

« Les gens sont émotifs, certains avaient les larmes aux yeux, mais il faut garder notre professionnalisme jusqu’à la fin. Ce n’est pas la faute de l’employeur ce qui s’est passé », a d’ailleurs ajouté Paul Bélanger.

Michel Simard, président et éditeur du Quotidien et du Progrès

Priorité à l'information

Les lecteurs du Quotidien et du Progrès ne seront toutefois pas affectés par ce changement opérationnel. Les activités de la rédaction, du service des ventes, de l’administration, du service à la clientèle et de la production seront maintenues dans les bureaux de la Maison de la presse du boulevard Talbot, à Chicoutimi. La production d’un contenu journalistique de qualité demeure au cœur de la mission des deux journaux.

« Il est important de préciser que cette décision n’est pas reliée à la situation du Quotidien et du Progrès. Nous sommes avant tout des producteurs d’information et nous continuerons d’investir toute notre énergie et nos ressources à offrir aux gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean l’information de qualité qu’ils méritent, et ce, sur l’ensemble de nos plateformes », a assuré Michel Simard.