En cette fin d’année scolaire, les élèves de l’école primaire Saint-Édouard, à Lac-Brome, ont pu profiter d’une douche rafraîchissante offerte par les pompiers de la municipalité.
En cette fin d’année scolaire, les élèves de l’école primaire Saint-Édouard, à Lac-Brome, ont pu profiter d’une douche rafraîchissante offerte par les pompiers de la municipalité.

La fin d’une année scolaire hors de l’ordinaire

Les enseignants des écoles primaires situées en zone froide ont dit adieu à leurs élèves, mardi, et à une fin d’année scolaire plutôt agréable compte tenu des circonstances.

Si la COVID-19 a fait peur au retour des classes, le 11 mai, les groupes réduits et la distanciation ont ironiquement permis de meilleurs contacts entre les maîtres et leurs élèves. Et il y avait moins de discipline à faire.

«Avec une distance, les enfants se chicanent moins, résume un enseignant d’éducation physique de Granby, en Montérégie, qui a requis l’anonymat. Il y a eu beaucoup moins de gestion de comportement. La job d’un enseignant, c’est 50 % de gestion de comportement et là, c’est tombé à 25 %.»

Un constat partagé par d’autres enseignants interrogés par La Voix de l’Est. «L’ambiance était positive, je dirai même qu’il y a des élèves qui se sont rencontrés, qui ne se parlaient pas avant», dit une enseignante de Lac-Brome.

«Ça a réduit les conflits de façon exponentielle», ajoute une autre, à Granby.

Disponibilité

Surtout, la baisse du nombre d’élèves — chaque enseignant avait une dizaine d’enfants, contre une vingtaine habituellement — a facilité les apprentissages. De quoi rêver à des ratios maître-élèves plus petits, une revendication récurrente — mais coûteuse — des syndicats.

«Passer de 20 à 12 élèves, on a beaucoup plus de temps pour intervenir, corriger, observer différentes problématiques», dit l’enseignante de 1e cycle à Granby. Tu deviens plus disponible et tu peux travailler différentes façons d’intégrer des connaissances. Ç’a été plein de beaux moments dont je vais me souvenir.»

Les élèves ayant des difficultés ont pu être mieux soutenus, bien qu’ils ne soient pas tous retournés en classe. «Ce ne sont pas nécessairement les élèves les plus faibles qui sont revenus», dit-elle.

Ceux qui l’ont fait ont profité d’un horaire moins strict — bien que ponctué par de nombreux rituels d’hygiène — et de l’absence d’évaluation. «Les élèves étaient moins anxieux, on le sentait, dit l’enseignante de Lac-Brome. Il y a une réflexion à avoir là-dessus.»

«Chose certaine, on a enseigné différemment. Il y avait moins d’interaction entre le professeur et l’élève, on travaillait en petits groupes.» Elle reconnaît que les écoliers étaient «un peu moins travaillants», mais réceptifs. La chaleur, toutefois, n’a pas aidé à la concentration.

Sans trop approfondir, les enseignants interrogés estiment avoir également réussi à couvrir «tous les savoirs essentiels».

Consignes

Quant aux consignes de sécurité, elles étaient connues... mais pas toujours appliquées. «On n’a pas eu à se battre, mais il fallait répéter souvent, dit l’enseignant d’éducation physique. Des enfants, ça reste des enfants. Ils ont une belle ouverture et une belle compréhension, mais ils oublient.»

Certains profs ont eu peur d’être infectés au départ, mais aucun nouveau cas de COVID-19 n’a été rapporté par le centre de services scolaire du Val-des-Cerfs depuis la réouverture de ses écoles primaires.

Les maîtres ont maintenant hâte à la rentrée, mais ils appréhendent l’écart entre les élèves forts et faibles, qui sera encore plus marqué.

D’ici là, ils prendront une pause qu’ils estiment être bien méritée. «Ça a été une grosse année, il a fallu réinventer l’école, dit l’enseignante de Lac-Brome. Je nous lève notre chapeau.»