Marc Bastien

La famille de Guy Bastien réclame une enquête publique

Trois-Rivières — La famille de Guy Bastien réclame une enquête publique afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant le décès de cet octogénaire atteint d’Alzheimer survenu, le 1er décembre, au Centre d’hébergement Roland-Leclerc, à Trois-Rivières.

 «Il faut que les gens sachent ce qui s’est passé pour qu’il n’y ait plus jamais de famille qui subisse ça», espère Marc Bastien, le fils de l’octogénaire.

Au Bureau du coroner, on confirme avoir reçu une demande à cet effet et qu’elle est sérieusement étudiée. «Effectivement, il y a des discussions à l’interne. On souhaite évaluer la meilleure option possible. Parmi les options, oui, il peut y avoir une enquête publique», explique Dominique D’Anjou, porte-parole.

Rappelons que Guy Bastien, 82 ans, est mort à la suite d’une chute. Selon sa famille, il est tombé lors d’une altercation avec un agent de sécurité, ce que nie l’employeur de ce dernier. M. Bastien avait subi une fracture du crâne et une hémorragie cérébrale. C’est son fils qui a contacté le 911 pour qu’il soit transporté à l’hôpital après l’avoir trouvé couvert de sang et de vomi dans sa chambre. 

Cette famille a reçu une foule de témoignages à la suite de ce drame. «On a reçu des centaines de messages à travers la province. C’était soulageant mais aussi inquiétant», confie M. Bastien. Plusieurs de ces personnes ont été confrontées à une situation semblable. «Il y a des préoccupations au sujet de la formation des gardiens de sécurité. Quel que soit la compagnie, le problème est connu. Il ne faut pas juste qu’il soit connu, il faut des solutions pour changer ça. C’est pour ça que l’enquête publique va - on espère - faire changer les choses», mentionne M. Bastien. Tout ce qui s’est passé à la suite de la chute a également indigné bien des gens. «C’est arrivé à d’autres familles. Leur père ou leur mère ont chuté et ils ont été tout simplement recouchés dans leur lit alors qu’ils auraient dû avoir des soins», déplore M. Bastien.

Le coroner mène déjà une enquête dans ce dossier. M. Bastien a une totale confiance en ces démarches. «On sait qu’ils font leur maximum.» Il pense toutefois autrement de l’enquête interne menée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Il est d’ailleurs très déçu de la sortie du CIUSSS le lendemain de la mort de son père. 

«Les sorties du CIUSSS, c’était loin d’être des regrets. C’était plus pour essayer de manipuler, je pense, la population. Il essayait de contourner le sujet plutôt que de prendre la problématique de front. Ça nous a choqués vraiment. C’est vraiment essayer de manipuler l’opinion de la population, et non de prendre leurs responsabilités et d’essayer de changer les choses. C’est un élément supplémentaire qui nous incite à espérer que tout le travail d’enquête soit fait.»

Il croit d’ailleurs qu’une enquête publique permettrait d’aller vraiment au fond des choses et d’améliorer les chances que de véritables solutions soient mises de l’avant. Pris dans un véritable tourbillon depuis la mort de M. Bastien, sa famille tente de passer à travers cette épreuve tout en tentant d’obtenir des réponses. «Le temps s’est arrêté. On est loin du deuil. Ce qui va nous aider à vivre notre deuil, c’est lorsque toutes les enquêtes vont être terminées, et que des solutions vont être trouvées pour les autres familles, de vraies solutions.»

Malgré toutes les émotions que suscitent ces démarches, la famille n’a pas l’intention de laisser tomber. «L’enjeu est trop important pour qu’on arrête. Les commentaires des gens sur les médias sociaux font en sorte que ça en vaut la peine. Le deuil arrivera quand il arrivera.»

Les funérailles de Guy Bastien seront célébrées le 21 décembre.