Line Ouellet indique que sa décision de quitter le poste de directrice du MNBAQ avait été mûrie «depuis déjà un moment».

La directrice du MNBAQ, Line Ouellet passera le flambeau en mai

C’est avec le sentiment du devoir accompli que Line Ouellet quittera, à compter du mois de mai, le poste de directrice et conservatrice en chef du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). L’inauguration du pavillon Pierre Lassonde demeure à ses yeux le point d’orgue d’une carrière de 18 ans passés à l’institution des Plaines.

En entrevue au Soleil, mardi après-midi, quelques heures après l’annonce de la fin de son mandat, «d’un commun accord» avec le conseil d’administration, Mme Ouellet explique que sa décision avait été mûrie «depuis déjà un moment». «Le changement fait partie de la vie. Sept ans comme conservateur dans un musée, on dit souvent que c’est un cycle.»

Se disant «extrêmement fière» du travail abattu pendant son règne, Mme Ouellet estime que l’ouverture du pavillon Pierre Lassonde, à l’été 2016, qui a permis de doubler la superficie du musée consacré à l’art contemporain, reste un «accomplissement de grande envergure», mené à bon port grâce à la collaboration d’«une équipe extraordinaire et d’une grande quantité de partenaires». Elle n’hésite pas à parler du pavillon comme «une œuvre d’art» en soi, qui s’inscrira dans le patrimoine architectural québécois du XXIe siècle.

Centaine d’expositions

À titre de conservatrice en chef, mais aussi de directrice des expositions au MNBAQ, Line Ouellet a été impliquée dans l’organisation de plus d’une centaine d’expositions. On pense à celle sur Louis-Philippe Hébert (2001), Suzor Côté (2002), Claudel et Rodin (2005), Fernando Botero (2007), sans oublier la très courue Le Louvre à Québec (2008), fruit d’une étroite collaboration de trois ans avec le célèbre musée parisien.

La conservatrice quitte le MNBAQ sur un autre fait d’armes, soit la prestigieuse exposition sur l’artiste suisse Alberto Giacometti, en cours jusqu’au 13 mai. «Ça se passe super bien, je suis très contente. Nos membres affluent», s’enthousiasme-t-elle, sans pouvoir avancer de chiffres de fréquentation.

Dans un communiqué publié mardi, la présidente du C. A. du MNBAQ, Christiane Germain, a loué le travail accompli par «Line et son équipe» qui a permis de faire de l’établissement «un musée de classe internationale».

«Les réalisations exemplaires et le leadership de Line ont permis de donner un essor important au Musée, grâce entre autres au magistral projet d’agrandissement du complexe muséal, mais également par le redéploiement et le développement significatif de sa collection de référence en art du Québec», a ajouté Mme Germain.

Passion, détermination, vision

La direction du MNBAQ a fait savoir que Mme Ouellet terminera son mandat en mai, le temps d’assurer la transition. Un processus de recrutement sera mis en place par le conseil d’administration.

«Ce n’est pas à moi à me prononcer sur les qualités requises pour le poste, c’est le conseil d’administration qui va s’en occuper, mais je dirais que ça prend de la passion, de la détermination et de la vision, c’est certain.»

Pour la suite des choses, Line Ouellet dit vouloir s’offrir un temps de repos, histoire de se remettre des 18 dernières années qui ont été «très intenses». «Je vais m’offrir un moment sabbatique, à regarder la vie s’écouler devant moi. Mais je reste ouverte à de nouvelles propositions, en art, en architecture, en patrimoine.» 

Avec la collaboration de Josianne Desloges