Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a confirmé mercredi le renouvellement complet de la flotte de la Garde côtière.

La Davie dans les plans du fédéral

Le chantier Davie peut «enfin» espérer obtenir des contrats d’Ottawa dans le cadre de sa stratégie nationale de construction navale.

Mercredi, le premier ministre du Canada Justin Trudeau confirmait le renouvellement complet de la flotte de la Garde côtière.

Les deux partenaires retenus en 2012 dans le cadre de la stratégie navale, Irving Shipbuilding d’Halifax en Nouvelle-Écosse et Vancouver Shipyards de Seaspan en Colombie-Britannique construiront les 18 premiers nouveaux navires promis. Une commande qui s’ajoute aux 65 milliards $ de contrats qui leur ont été octroyés à l’époque en vertu de cette même stratégie.

Le ministre de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a par la suite confirmé de la base de la Garde côtière de Québec la volonté de son gouvernement de mettre en œuvre dans les prochaines semaines un processus concurrentiel pour sélectionner un troisième chantier partenaire de la stratégie, précisant espérer que la Davie soit retenue.

«Il y a juste un troisième joueur. On sait que c’est nous», a lancé Frédérik Boisvert, vice-président des affaires publiques de chantier Davie, qui a réagi après l’annonce du ministre Duclos. C’est une bonne nouvelle parce que ça fait des années qu’on dit qu’il y a un problème marquant dans la stratégie maritime, un manque de capacité de production. Ça fait sept ans que la stratégie est démarrée, il y a eu 65 milliards $ de contrats octroyés et zéro navire livré. Je pense que le résultat parle de lui-même.»

Dans ce contexte, il se dit légèrement préoccupé du fait qu’Ottawa semble «récompenser des chantiers qui ne livrent pas la marchandise», en ajoutant 18 navires à leur carnet de commandes.

À la rescousse

Du même souffle, il est satisfait que le fédéral considère «enfin» la Davie qui compte pour 50 % de la capacité de production de tous les chantiers au pays. «Le signal qu’on entend, c’est que si les deux autres chantiers ne livrent pas la marchandise, on devient une solution. On va être là pour terminer des contrats qui ne peuvent l’être et commencer des contrats qui ne peuvent l’être», ajoute M. Boisvert.

Le Soleil a appris que le gouvernement Trudeau doit choisir un processus d’octroi de contrats à la Davie de manière à éviter toute contestation des deux autres chantiers. Comme quoi l’octroi de ces contrats est en partie politique et fait l’objet d’un joyeux «tirage de couverte» d’un bout à l’autre du pays.

Une mer de possibilités

C’est la seconde bonne nouvelle pour le chantier de Lévis depuis une semaine. Vendredi, Ottawa confirmait vouloir lui octroyer le contrat de construction de deux traversiers : le Madeleine, qui assure la liaison entre les Îles-de-la-Madeleine et Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, et le Holiday Island, l’un des deux navires qui relient Wood Islands à l’Île-du-Prince-Édouard à Caribou en Nouvelle-Écosse. Chacun devrait occuper 400 travailleurs à moyen terme.

La Davie convertit actuellement deux brise-glaces et termine le radoubage du brise-glace Louis-Saint-Laurent. Il opère à seulement 15 % de sa capacité.

Le chantier s’attend aussi à participer à la modernisation des frégates de classe Halifax pour lesquels 400 autres travailleurs seront sollicités d’ici deux ans.

Enfin, M. Boisvert entrevoit d’autres possibilités de contrats à l’extérieur de la stratégie nationale avec le vieillissement de la flotte de traversiers, de navires de patrouille et de sous-marins.