Quelque 83 % des répondants du sondage disent avoir «assez ou très confiance» envers les médias de nouvelles et d’informations en général.

La confiance envers les médias québécois encore forte

La confiance envers les journalistes et les médias au Québec est encore très forte, conclut une étude menée par des chercheurs de l’Université Laval et de l’Université du Québec à Montréal.

«La conclusion principale, c’est qu’il ne faut pas penser que nos médias et nos journalistes sont dans la même situation que les médias américains, où il y a un grand scepticisme au niveau des journalistes», soulève Florian Sauvageau, professeur émérite de l’Université Laval et l’un des auteurs du sondage réalisé par la firme CROP auprès de 1000 personnes.

Il a travaillé avec Simon Langlois, lui aussi de l’Université Laval, ainsi que Serge Proulx de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). 

Ainsi, 83 % des répondants du sondage disent avoir «assez ou très confiance» envers les médias de nouvelles et d’informations en général. Individuellement, tous les journaux obtiennent une réponse favorable, plus de 80 % des répondants auraient confiance en ce qu’ils lisent dans leurs pages (89 % pour Le Soleil).

On remarque la même tendance pour les journaux régionaux, tel que Le Nouvelliste de Trois-Rivières qui obtient 95 % de confiance.

«Ça m’a surpris. Quand on regarde ailleurs, les chiffres de confiance sont très bas. On voit bien qu’au Québec et au Canada, ce n’est pas la même chose qu’aux États-Unis, il n’y a pas le même déclin de la confiance envers les médias. Le président Donald Trump accroît beaucoup cette affirmation», ajoute M. Sauvageau.

Les journalistes ne sont donc pas les ennemis publics, au contraire. 72 % des gens de Québec auraient une bonne confiance envers les journalistes, contre 24 % pour les politiciens. Ce qui devrait être un avertissement pour les acteurs politiques, soutient M. Sauvageau. 

Les professeurs Florian Sauvageau et Simon Langlois (Université Laval) et Serge Proulx (UQAM) ont présenté leur étude sur la confiance envers les médias et les journalistes. L’ex-journaliste, auteur et ex-ministre Pierre Duchesne (à droite) a commenté le sondage lors d’une table ronde organisée par le Centre d’études sur les médias.

Médias sociaux

«Les gens n’ont pas confiance en les réseaux sociaux, ils les fréquentent, mais savent qu’il faut être plus prudents», ajoute aussi le professeur.

On remarque aussi une inquiétude sur le contenu de l’information diffusée, les fameuses fausses nouvelles (fake news). La population serait toutefois sur ses gardes. 


« La conclusion principale, c’est qu’il ne faut pas penser que nos médias et nos journalistes sont dans la même situation que les médias américains, où il y a un grand scepticisme au niveau des journalistes »
Florian Sauvageau, professeur émérite de l’Université Laval et l’un des auteurs du sondage réalisé par la firme CROP auprès de 1000 personnes

Avenir des médias

«Règle générale, c’est positif, mais il ne faut pas crier triomphe. La communauté journalistique a un travail à faire pour mieux comprendre les jeunes générations. C’est important», soutient aussi M. Sauvageau. 

Le bémol : quand on demande aux répondants s’ils sont d’accord pour que l’État appuie financièrement les médias, la proportion des gens favorable est plus faible alors qu’elle baisse à 63 %.

«Les gens reconnaissant l’importance du travail des médias. Si les jeunes ne remplacent pas les plus vieux comme communauté de lecteurs, il y a un problème. Il faut vraiment comprendre pourquoi les jeunes ont une attitude différente. Je pense qu’au-delà de notre enquête, les médias doivent se rapprocher beaucoup plus de leur public, trouver toutes sortes de façons pour entrer en contact, pour mieux comprendre notre public.»

Les résultats sont somme toute positifs au moment où les médias sont en crise.

Toutefois, à l’affirmation «Les journalistes se laissent manipuler par les politiciens», plus de la moitié (52 %) étaient d’accord. «Les journalistes doivent s’approcher de leur public, ne pas être les porte-voix des différents pouvoirs», conclut M. Sauvageau.