Kaemy Savoie était euphorique lorsque les juges l'ont déclaré vainqueur, samedi soir au Centre Gervais Auto.

Keamy Savoie arrache la victoire

Shawinigan — Pour son premier combat professionnel dans son patelin, Kaemy Savoie (3-0) en a eu plein les bras pendant quatre rounds face à Noe Acosta Cruz (2-2), avant de finalement arracher une victoire par décision unanime, samedi soir au Centre Gervais Auto, au terme d'un duel très chaudement disputé.

Devant quelques dizaines de parents et amis venus spécifiquement pour l'encourager, le protégé de Denis Hince a connu un lent début de combat, dominé par son rival mexicain. Le Trifluvien de 23 ans a même paru ébranlé par une des frappes de son adversaire, réussissant tout de même à compléter l'assaut sur ses deux jambes.

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La pause aura été bénéfique pour Savoie qui a retrouvé ses repères au fur et à mesure que la soirée progressait. Le troisième round a d'ailleurs été son meilleur du duel alors qu'il a mené la plupart des attaques.

À sa sortie du ring, le favori local affichait un large sourire de satisfaction après avoir entendu le verdict des juges, sous les applaudissements bien nourris de ses partisans. «J'ai été agréablement surpris par le début de combat de mon adversaire. Il m'a réveillé dès le départ! Sa première shot m'a ébranlé un peu, mais j'ai réussi à faire le travail par la suite. J'ai donné ce que j'avais à donner», a-t-il analysé. «C'était vraiment cool d'entendre les gens crier pour moi!»

Son entraîneur se disait également ravi de la prestation globale de son protégé, sous les projecteurs du Centre Gervais Auto. «Il a bien récupéré du premier coup qu'il a encaissé. Après le premier round, je lui ai dit de travailler en contre-attaque. Et ç'a bien fonctionné.»

Pour Hince, il serait préférable que son protégé soit actif plus souvent dans le ring à l'avenir afin d'éviter d'être rouillé lors de ses débuts d'affrontements. «L'inactivité a fait son œuvre en début de combat. Boxer à l'entraînement, c'est bon pour garder la forme, mais il n'y a rien comme un combat pour garder la game shape

Le Britano-colombien Adam Braidwood a comblé les amateurs de Shawinigan avec un combat explosif.

Braidwood prêt à revenir n’importe quand!

Les choses changent en un an. Cantonné dans le rôle du vilain en 2018, Adam Braidwood  (14-2, 13 K.-O.) a fait un retour triomphal à Shawinigan en début de soirée, lorsqu’il n’a fait qu’une bouchée d’Andrew Satterfield (5-3, 3 K.-O.). Chaudement applaudi à son entrée dans le ring, le colosse de Vancouver lui a fait plaisir en multipliant les bombes sur cet ancien combattant d’arts martiaux mixtes, après avoir pris deux minutes pour être confortable sur le ring. Le pauvre Satterfield a chuté au plancher à la fin du premier round, et il se faisait passer à la moulinette au début du deuxième lorsque son coin a stoppé le massacre. 

«Je suis content de mon combat. C’est mon meilleur au plan technique. Et j’ai montré que je pouvais encore lancer des coups de puissance», souriait Braidwood, qui a connu une année mouvementée, passant plusieurs mois en prison pour bris de conditions. L’ex-joueur de football professionnel disait apprécié avoir eu la chance de faire son retour en Mauricie. «Je me sens comme à la maison. À chaque fois qu’un gars du Québec va m’appeler pour m’offrir un combat, je vais répondre au téléphone. J’aime particulièrement ça ici, à Shawinigan. Les gens m’aiment, et je les aime tout autant!»

Braidwood a réitéré son désir de recroiser Simon Kean dans un avenir rapproché. Mais avant, il devra se mesurer à Stan Surmacz à Edmonton à l’automne. «Il est jeune, et il est bon. Je vais m’entraîner fort pour arriver prêt. Je sais que je peux encore m’améliorer. Je m’en vais dans la bonne direction.»

Lexson Mathieu n'a fait qu'une bouchée de son adversaire.

Mathieu se défoule sur Galvan

Lexson Mathieu (4-0, 4 K.-O.) a dû attendre jusqu’à la fin du gala pour sauter dans le ring… et c’est son rival Fernando Galvan (4-4, 1 K-O.) qui a payé la note. Le Mexicain a subi deux chutes au premier round, avant de se faire endormir pour de bon pour le compte de 1000 au deuxième assaut.

«Je suis content, même si je pense que j’aurais pu m’y prendre autrement pour aller chercher mon K.-O. J’ai encore beaucoup de choses à travailler», racontait le jeune homme natif de la Vieille Capitale.

Vincent Thibeault a remporté un combat spectaculaire contre Alan Carillo.

Spectaculaire Thibeault

La prestation de Vincent Thibeault (9-0, 3 K.-O.) a plu à la foule.

 Le pugiliste natif de Charlesbourg a été invité à une bagarre de ruelle dans les câbles par Alan Carrillo (10-4, 7 K.-O.) dès le premier assaut, une scène qui a donné le ton à un duel spectaculaire à l’avantage du protégé d’OETM. Plus précis, plus mobile aussi, Thibeault a servi du cuir à profusion au Mexicain, un dur de dur qui a quand même réussi à assurer une certaine réplique. Plus le combat s’étirait, plus il était à l’avantage de Thibeault, toutefois. Carrillo a notamment visité le plancher au cinquième assaut. Puis, au sixième, il commençait clairement à manquer d’essence et l’officiel a décidé de mettre fin aux hostilités. Une décision qui n’a pas plu au clan Carrillo, qui a enguirlandé pas mal l’arbitre!

«Je suis content de mon combat. J’ai un TDAH, alors j’ai toujours du mal à partir un combat. Carrillo a connu un bon premier round mais par la suite, je me suis bien ajusté. Ça fait du bien de me battre, de gagner. J’ai toujours la chienne avant un combat mais en même temps, c’est ce qui me fait carburer», confiait Thibeault, un peu déçu de ne pas avoir eu la chance de terminer le travail lui-même. «Peut-être que l’arbitre a arrêté ça un peu rapidement. Mais en même temps, il est là pour protéger les boxeurs. Chez les pros, c’est du sérieux. Tu ne dois pas manger des coups pour rien.  Je trouve que la Régie fait du bon travail pour encadrer notre sport.»

Pour la sixième fois en huit mois, Kim Clavel a savouré la victoire entre les câbles.

Clavel sans faille

Même si elle en était à un sixième combat en l'espace de huit mois seulement, Kim Clavel (9-0, 2 K.-O.) a trouvé l'énergie nécessaire pour marteler sans arrêt sa rivale Nora Cardoza (14-7-2, 6 K.-O.) pour décrocher facilement une victoire par décision unanime.

À voir la Montréalaise de 28 ans attaquer sans relâche son opposante pendant huit rounds, il était difficile de croire qu'elle en était à son 38e round d'activité en moins d'un an!

Ravie de sa prestation, Klavel s'offrira maintenant un peu de répit pour l'été, avant de poursuivre son ascension dans les classements. «J'ai réussi à mettre en pratique tout ce que j'avais travaillé à l'entraînement. Ça s'est déroulé excessivement bien. Maintenant, je vais aller manger un peu de crème glacée, prendre des petites vacances, avant de revenir en force à l'automne.»

Grigoryan venge Pratte

EOMT avait confié la tâche à Andranik Grigoryan (11-0, 2 K.-O.)  de venger François Pratte et il a été à la hauteur des attentes.  Grigoryan a mis la main sur la ceinture NABA des poids plume en passant le K.-O. à Jorge Garcia Jimenez (14-3-1, 11 K-O.) au deuxième round.

Ce fut une victoire très émotive pour Grigoryan. Il a sauté dans les bras de Camille Estephan, il pleurait à chaudes larmes lorsque l’arbitre lui a levé la main pour officialiser son triomphe.

Courchesne fait plaisir aux amateurs

Le Maskoutain Raphaël Courchesne (7-0, 3 K.-O.) a profité de sa deuxième visite en Mauricie pour s'offrir une septième victoire en autant de combats chez les professionnels. À maintes reprises dans le duel de quatre rounds, il a tenté d'achever son rival Leonel Olvera (4-3-2, 1 K.-O.), sans succès. Il n'a toutefois eu aucun mal à recueillir la faveur des juges. «J'aurais aimé ça l'arrêter. Mais ce sont de bons rounds d'expérience en banque. À mon âge (20 ans), j'ai besoin d'accumuler les rounds.»

Courchesne a d'ailleurs reçu des applaudissements bien sentis lors de sa présentation puisqu'il est grimpé dans le ring avec un chandail des Cataractes de Shawinigan sur le dos. «J'avais demandé la permission à Roger Lavergne. J'ai toujours adoré jouer au hockey, j'aimais l'idée de porter le chandail, surtout que je savais que ça allait allumer la foule.»

Ziyatdinov à la limite

Artur Ziyatdinov n’a pas l’habitude de s’éterniser dans un ring. Samedi, il a toutefois atteint la limite des huit rondes pour cueillir sa 10e victoire (10-0, 8 K.-O.), enregistré aux dépens du coriace Argentin Marcos Karalitzky (6-3-2, 2 K.-O.)

Avant ce combat, le protégé d’EOTM n’avait jamais été plus loin que le sixième assaut. Quatre de ses victoires avaient été signées au premier assaut. Fait à noter, la seule autre fois où il avait fait la limite, c’était à Shawinigan l’an dernier. 

Pas le temps de niaiser

Avery Martin-Duval n’a pas raté ses débuts chez les pros. Lors du premier combat de la soirée, le jeune Montréalais de 18 ans a pincé Martin Sanchez (2-4-1) d’une percutante gauche, qui l’a envoyé au tapis. Sanchez s’est relevé mais il semblait étourdi, alors l’officiel a mis fin à ce combat à 2 :10 du premier round.

La Shawiniganaise Tammara Thibeault a dominé sa rivale Mary Spencer.

Thibeault convaincante

La Shawiniganaise Tammara Thibeault a donné le ton à la soirée, lors du volet amateur, en offrant une performance convaincante devant Mary Spencer, triple championne du monde.

Membre de l'équipe nationale de boxe, Thibeault a dicté la majorité des échanges, en route vers une victoire par décision unanime au terme de trois rounds d'action.

Pour l'ancienne du Club de boxe olympique de Shawinigan, ce combat face à une olympienne de Londres 2012 représentait un test de qualité en vue des Jeux panaméricains qui seront présentés cet été au Pérou.

«Ça me permet de savoir où j'en suis dans ma préparation. Je suis bien contente de la façon dont j'ai boxé. Je suis restée moi-même, même s'il y avait pas mal de gens qui m'encourageaient. Ça donne une belle adrénaline et ça m'a poussé à mieux performer», a commenté celle qui vise une participation aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Un cadre pour L’Heureux

Décédé subitement il y a quelques mois, Patrice L’Heureux a eu droit à un hommage court mais senti de la part des promoteurs. Ils ont présenté un cadre avec plusieurs items ayant appartenu au Granit à sa conjointe Marie-Claude Laframboise, et à son frère Jonathan L’Heureux. Le cadre sera maintenant exposé en permanence au Centre Gervais Auto.

«Ça lui revenait. S’il y a de la boxe ici ce soir, c’est parce que Patrice a ouvert le chemin. Il a fait énormément pour ce sport dans notre région, et au Québec. Les gens aimaient Patrice, le boxeur. Et ceux qui avaient la chance de le croiser l’aimaient encore plus», soulignait Roger Lavergne, qui était un proche du disparu.

«Nous étions ici Patrice et moi il y a un an. Je sais qu’il est encore ici parmi nous ce soir, et qu’il est content. C’est un beau geste de la part des organisateurs du gala», témoignait Marie-Claude Laframboise.