L’importateur de vin Julia Wine investit 25 millions $ à Lavaltrie, dans Lanaudière, pour la construction d’une auberge et d’une usine d’embouteillage.

Julia Wine: bye Couche-Tard, bonjour IGA

L’entreprise Julia Wine dit au revoir à Couche-Tard et bonjour à l’enseigne IGA. L’importateur de vin poursuit son bras de fer contre la Société des alcools du Québec (SAQ) et investit 25 millions $ dans la construction d’une usine d’embouteillage et d’une auberge à Lavaltrie, dans Lanaudière.

Depuis 2013, Julia Wine, «qui s’est donnée comme mission de briser le monopole de la SAQ», offrait différents vins haut de gamme entre 16 $ et 70 $ dans des Couche-Tard de la province. L’aventure est sur le point de se terminer.

«Ces produits sont présentement en écoulement dans nos magasins», a noté dans un courriel Sandrine Paquet, gestionnaire marketing pour Couche-Tard.

Les raisons? Motus et bouche cousue.

Pour information, Julia Wine avait aussi tenté par le passé sa chance dans des stations-service de Canadian Tire, mais l’expérience n’avait pas été concluante.

La fin de cet accord n’ébranle en rien la santé financière de Julia Wine, assure la direction. Depuis septembre, l’importateur de vin offre 14 produits sur les tablettes de 303 supermarchés IGA au Québec. Et ses ventes du côté du détaillant Costco ont grimpé «de 120 %».

«Nous avons présentement de très bonnes ventes. Nous n’avons jamais vu ça. Avec les grèves à la SAQ, cela nous aide», indique au Soleil Alain Lord Mounir, président du conseil d’administration et chef de la direction chez Julia Wine.

«Chez Costco, nous avons environ 78 items et nos ventes ont explosé par rapport à l’an dernier», poursuit l’homme d’affaires, préférant ne pas dévoiler ses résultats financiers pour une question de compétition. Il souligne toutefois qu’il s’agit de gains de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Rappelons qu’au cours des dernières années, M. Mounir avait notamment livré une bataille contre le gouvernement provincial afin que l’affichage des appellations sur les bouteilles de vin soit permis dans les épiceries et les dépanneurs. L’entrepreneur avait même menacé de poursuivre Québec.


« Nous avons présentement de très bonnes ventes. Nous n’avons jamais vu ça. Avec les grèves à la SAQ, cela nous aide »
Alain Lord Mounir, président du conseil d’administration et chef de la direction chez Julia Wine

En 2016, il avait finalement obtenu satisfaction lors d’un règlement qui a modifié la loi. Il estime aujourd’hui que ce changement a eu un impact «considérable» sur ses ventes puisque le consommateur est mieux informé.

Nouvelle usine

Pour répondre à cette croissance, la compagnie ouvrira en sol québécois une nouvelle usine d’embouteillage au mois de mars prochain. L’établissement dans Lanaudière pourra produire jusqu’à 14,6 millions de bouteilles par année. En contrepartie, elle fermera son établissement situé à Granby.

Ces nouvelles installations permettront au groupe d’avoir une capacité d’embouteillage annuellement de 29,2 millions de bouteilles. Certains produits étaient déjà embouteillés à même les vignobles indépendants à l’international.  

En plus de son usine de 42 000 pieds carrés, la direction aménagera sur le site quatre hectares de plantation de cassis ainsi qu’une salle de réunion pouvant accueillir plus de 200 personnes. Environ 65 emplois seront créés.

Dans une deuxième phase de travaux, qui devrait être complétée au mois d’août 2019, on retrouve dans les plans du patron la construction d’une auberge avec spa qui pourra accueillir jusqu’à 31 personnes. Elle sera située au 250, rue Notre-Dame, à Lavaltrie.

«Nous sommes en train de positionner notre entreprise comme le vrai compétiteur de la SAQ», avance M. Mounir. «On le voit dans nos ventes. Les gens savent que nos produits ne sont pas du vin de dépanneur. Là, nous allons avoir un centre viticole comme à Napa Valley, en Californie», ajoute-t-il.

Ce dernier souhaite pour les prochaines années, si tout se passe selon son plan de match, augmenter ses parts de marchés à travers le Québec et la côte est des États-Unis.

D’ici 2021, il vise un chiffre d’affaires aux détails (prix de vente sur les tablettes) de 146 millions $ en Amérique du Nord pour toutes les activités agricoles de son entreprise. Ce qui inclut la production de cassis.

Julia Wine brasse aussi des affaires dans une dizaine de pays à l’international, dont le Chili, l’Argentine, la France, l’Espagne, l’Italie et l’Afrique du Sud.