Andrew Tchernilevskii et Kévin Marquis

«Jokes de papa»: retour sur un phénomène

Le concept était simple : un face-à-face où deux personnes se racontent des blagues sans avoir le droit de rire. Simple, mais tellement efficace que ces vidéos sont devenues virales en 2017. Par le fait même, les «Jokes de papa» ont propulsé la carrière de Kévin Marquis et Andrew Tchernilevskii, qui confirment que cette période a changé leur vie.

Les créateurs de la chaine Gaboom Films ne s’attendaient pas du tout à un tel engouement au moment de mettre en ligne leur première vidéo de Jokes de papa, dont le nombre de visionnements est à 3,9 millions sur YouTube.

«Le premier jour, la vidéo a franchi le cap du million, et naturellement on pensait que ça allait arrêter là. On avait eu des chiffres proches de ça pour des vidéos comme Meanwhile in Saint-Léonard, mais finalement ça a continué et on s’est dit: “bon faut en refaire d’autres”», raconte Andrew.

Les deux youtubeurs continueront d’exploiter ce concept pendant les semaines suivantes, ce qui amplifiera la popularité de ces vidéos à travers le Québec, ainsi qu’en France. Soudainement très connus, Kévin et Andrew ont dû apprendre à composer avec cette nouvelle notoriété, à la fois excitante et stressante.

«J’ai quitté mon poste dans la police deux semaines avant le succès de Jokes de papa. Tu passes d’une vie où tu fais profil bas à soudainement te faire reconnaitre dans la rue. Cela a été probablement un des moments les plus stressants de ma vie », affirme Kévin.

Une fois la poussière retombée, il n’était pas question pour eux de continuer à produire uniquement les vidéos Jokes de papa. Ils ont lancé une deuxième chaine YouTube, Kev et Drew, afin de mettre bien en évidence leurs sketchs sur Gaboom Films.

Pour leur deuxième chaine, Kévin et Andrew allaient surtout miser sur des vidéos tournant sur des thématiques de jeux où ils reçoivent des invités. Quant à leurs sketchs, ceux-ci met en scène des personnages créés par les deux youtubeurs.

«On a eu la peur d’être constamment associé qu’à ça (Jokes de papa). Et surtout, comme les vidéos sont populaires tu en refais d’autres, mais à un moment donné tu ne veux pas faire que ça puisque ça ne te stimule plus autant », précise Andrew, celui qui raconte que le succès de Jokes de papa avait permis de donner une belle fenêtre de visibilité pour les sketchs humoristiques. 

De par le temps et l’énergie qu’ils déploient pour les réaliser, ce type de vidéo apporte une plus grande satisfaction artistique. Mais ils conviennent que Jokes de papa a donné un élan phénoménal à leur carrière.

Le concept d’un autre

Bien que Kévin et Andrew ont adoré l’engouement pour Jokes de papa, ils affirment avoir vécu de la pression durant cette période. 

Le fait que le concept ne venait pas d’eux, mais plutôt de la chaine All Def,les a plongé dans une mini controverse. 

En toute transparence, ils avaient pourtant affirmé dès la première vidéo qu’ils reprenaient un concept américain pour l’adapter à leur façon. Mais cela n’a pas empêché l’humoriste Mike Ward de les traiter de «voleur».

«Ça a été très stressant que certains dans le milieu artistique nous accusent d’avoir exploité le concept d’un autre. Pourtant dès le départ, on l’a dit de qui ça venait ce concept, on les a toujours cités dans nos descriptions de vidéos », explique Kévin.

Mais au fil des vidéos, les créateurs de Gaboom Films ont personnalisé de plus en plus Jokes de papa essayant ainsi d’éviter toute autre controverse. 

Travaillant en collaboration depuis huit ans, Kévin et Andrew ont des ambitions différentes pour leur avenir, mais ils ont toujours l’intention de créer des sketchs pour Gaboom Films. 

Une nouvelle vidéo de Jokes de papa sera mise en ligne dimanche à l’occasion de la fêtes des Pères. 

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DU WEB AUX JEUX DE SOCIÉTÉS 

Avec le succès sur le Web de Jokes de papa, Kévin Marquis et Andrew Tchernilevskii se sont également lancés dans le secteur des jeux de société. Une transition surprenante? Pas forcément, selon les deux youtubeurs.

«Les jeux de société sont redevenus populaires. Au départ, on ne savait pas trop ce qu’on voulait faire, l’idée d’une application mobile était sur la table. On s’est fait offrir les bandes dessinées, les livres, mais on a choisi les jeux de société, parce que ça reproduisait bien l’essence de Jokes de papa, qui est le face-à -face et l’expérience d’en profiter avec nos proches», explique Andrew.

Loin d’avoir des ambitions seulement financières avec ce projet, Kévin et Andrew souhaitaient avant tout que les gens s’approprient Jokes de papa, surtout ceux qui n’écoutent pas régulièrement des vidéos sur YouTube. Thomas Thivierge