Le véhicule incendié sur la route Bradley, dans le secteur Sainte-Marthe-du-Cap, a été retiré de la scène de crime dimanche, alors que l’enquête se déroulait à cet endroit depuis mercredi matin

«Je n’ai pas d’espoir» confie, résigné, le père de Steve Lamy

TROIS-RIVIÈRES — Près de six jours après la découverte du véhicule incendié sur la route Bradley dans le secteur Sainte-Marthe, les proches de l’entrepreneur en construction Steve Lamy sont de plus en plus convaincus qu’il est l’une des deux victimes qui a péri dans cet incendie criminel. Son père, Michel Lamy, ne cache d’ailleurs pas qu’il n’a plus vraiment espoir de revoir son fils vivant.

«Je n’ai pas d’espoir. Depuis que la police est venue me voir en me disant que son véhicule avait été retrouvé et qu’il y avait un corps à l’intérieur, je ne cherche pas de midi à quatorze heures», a-t-il lancé.

Michel Lamy avait parlé pour la dernière fois à son fils lundi dernier. Depuis, il n’a plus eu de ses nouvelles ce qui, selon l’homme, n’est vraiment pas dans ses habitudes. Peu de temps après la découverte du véhicule incendié, il a été rencontré par les enquêteurs, qui semblaient croire que le véhicule était celui de Steve Lamy.

Bien que le travail d’identification des deux corps retrouvés à bord du VUS incendié n’est toujours pas complété, tout semble indiquer que l’une des deux victimes soit effectivement Steve Lamy. La Sûreté du Québec confirme que l’homme est actuellement porté manquant et qu’elle a, depuis peu, repris le dossier de l’enquête sur sa disparition, mais ne peut toutefois pas encore confirmer qu’il s’agit bel et bien de son corps qui a été retrouvé.

Steve Lamy est porté disparu depuis plusieurs jours.

Selon Marc Tessier, porte-parole de la Sûreté du Québec, les policiers étudient également les autres avis de disparition actifs sur le territoire afin de faire un lien avec la seconde victime dans ce véhicule, mais ne peut pas encore établir de lien direct avec aucun avis de disparition en particulier. Évidemment, de nombreuses rumeurs ont circulé spécialement sur les réseaux sociaux au sujet de l’identité de ce deuxième corps, mais à ce jour, aucune de ces rumeurs ne s’est avérée vérifiable hors de tout doute.

Steve Lamy s’était fait connaître du public il y a quelques années, alors qu’il était copropriétaire de l’entreprise Construction Mont-Sainte-Adèle. L’entreprise avait eu des mésententes à l’époque avec la Commission de la construction du Québec, ce qui avait mené à plusieurs interventions sur des chantiers de Sherbrooke et Trois-Rivières, et même à des arrestations lors de contrôles de la CCQ en décembre 2011 dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. L’entreprise avait par la suite manifesté son intention de poursuivre la CCQ pour ces interventions, elle qui avait d’ailleurs obtenu en 2008 un jugement en sa faveur contre la CCQ pour les mêmes motifs.

Selon ses proches, Steve Lamy et René Kègle, aujourd’hui accusé du meurtre prémédité d’Ophélie Martin-Cyr dans un champ de Yamachiche la semaine dernière, se connaissaient depuis de nombreuses années. Lamy était d’ailleurs l’ex beau-frère de Kègle. Bien que la Sûreté du Québec reconnaisse qu’il puisse y avoir un lien entre les deux événements, aucune accusation n’a encore été déposée relativement aux possibles meurtres survenus dans ce véhicule retrouvé mercredi matin, complètement calciné.

L’identification des corps retrouvés à l’intérieur pourrait prendre encore plusieurs jours, sinon quelques semaines, prévient la Sûreté du Québec.

Le véhicule incendié a d’ailleurs été retiré de la scène de crime dimanche, alors que l’enquête se déroulait à cet endroit depuis mercredi matin. Une experte de l’Ontario a d’ailleurs été dépêchée sur les lieux pour prêter main-forte aux policiers, spécialement dans l’identification des deux corps retrouvés.

Rappelons que René Kègle, 38 ans de Saint-Maurice, et Francis Martel, 31 ans de Trois-Rivières, ont tous deux été arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi, puis accusés vendredi après-midi du meurtre prémédité d’Ophélie Martin-Cyr. Kègle est également accusé d’avoir déchargé une arme à feu en direction d’une autre personne, une jeune femme de 21 ans qui se trouvait en compagnie d’Ophélie et qui aurait sauté du véhicule dans lequel prenaient également place Kègle et Martel. La jeune femme a été soignée à l’hôpital, et on ne craindrait plus pour sa vie.

Kègle battu en prison?

Des rumeurs ont circulé toute la journée lundi à l’effet que René Kègle, un des deux accusés du meurtre d’Ophélie Martin-Cyr, aurait subi d’importantes blessures après avoir été battu en prison. Selon Le Journal de Montréal, l’accusé de 38 ans aurait été attaqué alors qu’il se trouvait à la prison de Trois-Rivières. Or, le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels a démenti en soirée ces informations. Le président du syndicat, Michel Lavoie, a déclaré à Radio-Canada que les deux accusés ont en «parfaite santé» et qu’ils se trouvent dans des «unités séparées» du centre de détention. 

Avec Gabriel Delisle