La voiture de Lucie Rainville a aussi goûté à la médecine de l’ancienne usine Belgo.
La voiture de Lucie Rainville a aussi goûté à la médecine de l’ancienne usine Belgo.

Jamais deux sans trois à la Belgo: un autre débris sur un pare-brise

Shawinigan — Le mur de la Belgo s’en est pris à une autre carrosserie au cours des derniers jours. Une autre Shawiniganaise a reçu un morceau indésirable sur le pare-brise de son véhicule le 16 mai, donc à la même date qu’Audrey Sanscartier, qui témoignait de sa mésaventure dans nos pages, samedi.

Sur le même sujet: La Belgo perd un autre morceau

L'éditorial de Martin Francoeur: Ancienne Belgo: un danger inacceptable

Cette coïncidence a d’ailleurs fait sursauter Lucie Rainville, qui a longé le fameux mur à la même date, mais environ une demi-heure après sa concitoyenne. Encore une fois, plus de peur que de mal, mais un pare-brise à remplacer.

«Il faut croire que des débris tombaient à ce moment», relate Mme Rainville. «Il m’est arrivé la même chose: un gros paf! Je me demandais ce qui se passait, d’autant plus que l’éclat était en plein dans mon champ de vision. Il y avait une fissure dans mon pare-brise.»

La réparation a été effectuée rapidement et la réclamation a été faite à son assureur. Avec son pare-brise neuf, elle devient toutefois un peu plus méfiante!

«Il semble y avoir une lenteur», constate-t-elle, au sujet des travaux. «C’est un peu plate, j’ai maintenant une crainte que quelque chose soit projeté sur mon pare-brise.»

«Je sais que le site est en piteux état, mais je n’avais jamais pensé que mon pare-brise pouvait être fracassé en passant par là. C’est surprenant un peu!»

Sécuritaire?

Vendredi dernier, le ministère des Transports a complété ses travaux de sécurisation de la structure, amorcés le 19 mai. Roxanne Pellerin, porte-parole à la direction régionale, ne pouvait donner le bilan de cette vérification mardi matin.

Le MTQ ne demeure toutefois pas insensible aux mésaventures qui sont rapportées par les automobilistes. Rappelons qu’il s’agit d’un troisième cas connu en moins d’un an.

«Le ministère s’est saisi du dossier uniquement à l’automne», rappelle Mme Pellerin. «On essaie d’aller rapidement, mais c’est un dossier complexe, avec des procédures judiciaires. Nous gardons à l’esprit l’importance de la sécurité et nous déplorons ce nouvel incident sur la route 153. C’est dommage, car les travaux de sécurisation qui étaient déjà prévus débutaient le 19 mai. Nous aurions aimé que ce soit avant, pour éviter ce type d’incident.»

Voilà à quoi ressemblait le pare-brise de la voiture de Lucie Rainville, après avoir reçu un débris du mur de la Belgo.

Invitée à dire si les automobilistes peuvent maintenant circuler sans crainte dans le secteur, étant donné que les travaux de sécurisation du mur sont complétés, Mme Pellerin propose une réplique sibylline.

«Le ministère suit la situation de près», répète-t-elle. «Nous étudions différentes options et si d’autres actions sont à poser, nous prendrons les démarches nécessaires pour pouvoir les poser.»

«N’étant pas propriétaires de ce mur, nous vérifions si nous pouvons faire autre chose pour assurer la sécurité de la route 153 dans ce secteur. C’est un dossier prioritaire, chez nous.»

Rappelons que le site et ses vestiges appartiennent toujours à Recyclage Arctic Béluga, une entreprise qui n’existe plus que sur papier. Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a mandaté Sanexen pour compléter le nettoyage de cette propriété. Ces travaux, qui ont débuté lundi, devraient durer une dizaine de semaines.

Ces manœuvres ne comprennent toutefois pas la démolition du mur maudit. En principe, ces travaux doivent être prévus dans un nouvel appel d’offres. Questionné sur l’échéancier prévu jeudi dernier, le MELCC n’avait toujours pas donné signe de vie en début de soirée mardi.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s’attend à discuter avec les ministères concernés au cours des prochains jours. Il considère que la gestion du dossier de l’ancien hôtel de La Salle, dans le secteur Grand-Mère, devrait inspirer le gouvernement du Québec.

«Nous avions ordonné au propriétaire de défaire son mur, parce qu’il était dangereux. Nous n’avions pas eu de réponse de sa part, de sorte que nous avions agi. Nous avions envoyé la facture et on ne s’attend pas à un retour, mais il reste que, comme entité publique, nous avions une responsabilité de nous assurer que les citoyens et les voitures soient en sécurité. Nous avions pris nos responsabilités.»

«Dans le contexte actuel, le ministère de l’Environnement peut continuer à faire les travaux et envoyer la facture à Recyclage Arctic Béluga, même si on sait très bien ce qui va se passer», poursuit-il. «Le ministère peut ordonner la démolition du mur pour des questions de sécurité.»

M. Angers considère que la preuve n’est plus à faire sur la dangerosité de cette structure.

«Nous sommes rendus à trois cas, plus ceux qu’on a manqués et les morceaux qui sont tombés sans qu’il n’y ait personne. C’est plus que le temps d’agir. On est capable d’aller sur la lune, alors on doit être capable de défaire ce mur!»