La pression semble de plus en plus forte pour en venir à une décision dans le dossier des bagarres dans la LHJMQ, mais lors de l’assemblée des membres, qui s’est déroulée sur l’île de Montréal, les représentants des 18 équipes de la LHJMQ ont simplement décidé de reporter le vote.

Interdiction des bagarres dans la LHJMQ: incapables de trancher

DORVAL — Malgré de bonnes discussions concernant l'interdiction des bagarres, la Ligue de hockey junior majeur du Québec n'a pas été en mesure de prendre une décision à ce sujet, jeudi. 

La pression semble de plus en plus forte pour en venir à une décision dans ce dossier, mais lors de l’assemblée des membres, qui s’est déroulée sur l’île de Montréal, les représentants des 18 équipes de la LHJMQ ont simplement décidé de reporter le vote.

Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, a tout de même insisté sur le fait que les représentants devaient encore se réunir en juin et en août et qu’il n’y avait aucune obligation de statuer sur les bagarres lors de ces assemblées.

«Pour la première fois depuis longtemps, il y a eu beaucoup d’évolution concernant les bagarres, a exprimé Courteau. Comme cette décision n’allait pas changer le cours de notre saison, les discussions vont se poursuivre. Il s’agit d’un changement aux règles du jeu et l’adoption des nouveaux règlements se fait au mois d’août.»

Si le vote avait eu lieu, la LHJMQ aurait eu besoin d’au moins 12 voix favorables sur 18 pour devenir le premier circuit de la Ligue canadienne de hockey à interdire les bagarres.

La division au sein des différents propriétaires est toutefois palpable. Depuis un bon bout de temps déjà, le président des Remparts, Jacques Tanguay, a exprimé son désir de punir sévèrement les bagarres dans la LHJMQ, mais il semble faire partie de ceux qui doivent convaincre les plus réfractaires.

«Je suis déçu. Il y a des avancées, mais ils [certains représentants] ne sont pas prêts à prendre une décision, a-t-il laissé entendre à sa sortie de la réunion. Il y a 18 propriétaires qui représentent quatre provinces et nous avons tous des enjeux différents. Il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire et il faut continuer à donner les raisons pourquoi nous voulons interdire les bagarres.»

La sécurité avant tout

Les bagarres dans la LHJMQ ont déjà diminué de moitié depuis cinq ans, notamment grâce à des sanctions plus sévères adoptées en 2015. Une réglementation concernant les bagarres pourrait maintenant être appliquée selon la situation — si deux joueurs décident de se battre, si un joueur est instigateur d’un combat ou si un joueur est agresseur envers un autre.

«Il y a plusieurs volets qui ont été étudiés dans ce dossier. Est-ce qu’on vise à augmenter la sévérité ou la conséquence suivant une bagarre ou est-ce que c’est plutôt une question d’expulsion? Il s’agissait d’éléments nouveaux à expliquer aux représentants», a mentionné Courteau.

Les inquiétudes entourant les commotions cérébrales ont aussi été soulevées.

«Nous n’avions pas eu l’occasion d’expliquer les conséquences des bagarres en ce qui a trait aux commotions cérébrales, a déclaré le commissaire. Par respect pour le dossier médical des joueurs qui subissent une commotion cérébrale, nous en partageons le moins possible, alors il y avait ces éléments-là à présenter.»

La sécurité des joueurs est revenue à plusieurs reprises lors de la rencontre des représentants, mais le président du Phoenix de Sherbrooke, Ronald Thibault, a cru bon de souligner que cette notion n’était pas la même aux yeux de tous.

«C’est un changement de culture important et il faut prendre le temps d’y arriver, a dit Thibault. Il y a différents points de vue et aussi bizarre que ça puisse paraître, tout est en fonction de la sécurité des joueurs. Il y a plusieurs façons de protéger les joueurs et c’est là que les opinions divergent.»

Autres sujets

La réunion servait aussi à discuter de la réduction du calendrier et des joueurs récalcitrants qui se tournent vers les collèges américains.

Courteau a indiqué que le calendrier allait rester le même, soit à 68 matchs, mais que la saison allait commencer une semaine plus tôt, soit le jeudi 10 septembre.

«Nous avons pris en considération le fait que des joueurs seront dans des camps de la LNH, mais si nous voulons tenter de restreindre le plus possible le nombre de matchs en semaine, c’est la décision qu’il fallait prendre», a conclu Courteau.

Le dossier des joueurs récalcitrants sera lui aussi réévalué cet été.