Un concessionnaire Harley-Davidson à Kenosha, au Wisconsin

Inquiétude et incertitude pour Harley-Davidson au Québec

L’homme d’affaires Laurent Prémont, propriétaire de trois concessionnaires Harley-Davidson au Québec, craint que la guerre commerciale qui se dessine entre les États-Unis et d’autres pays, comme le Canada et l’Union européenne, ait des impacts négatifs sur son industrie.

«Il y a actuellement beaucoup d’incertitude dans notre industrie. Nous avons un produit haut de gamme qui n’est pas trop dispendieux. Si, en raison des taxes, il devient plus cher, c’est certain que cela pourrait nuire à la vente au détail», indique M. Prémont.

Pour l’heure, le grand patron affirme ne pas avoir constaté d’impact réel sur ses ventes. Il précise du même souffle n’avoir reçu aucun avis de changement de Harley-Davidson Canada. Il demeure toutefois à l’affût.

«Nous ne sommes pas aux États-Unis, Trump s’imagine peut-être que tout le monde a la même capacité pour payer. [...] Je ne sais pas s’il sait que les Harley-Davidson ne sont pas fabriquées seulement aux États-Unis. Au Brésil, les motos vendues sont fabriquées dans ce pays», rappelle celui qui ne craint pas un boycottage par les Québécois pour ses motos.

«C’est certain que la situation crée un certain inconfort. Déjà que la business n’est pas si facile depuis quelques années. Au Canada, nous avons connu un recul de 1,2 % sur les ventes. À court terme, cela peut faire mal. Le produit ne perdra pas de popularité, mais avec des surtaxes, cela pourrait ralentir la consommation», poursuit-il.

Lundi, afin d’échapper aux tarifs douaniers de l’Union européenne — en représailles aux tarifs imposés par les États-Unis sur l’aluminium et l’acier — le fabricant de motos Harley-Davidson a annoncé qu’il déplacerait une partie de sa production à l’étranger. Selon différents médias, les opérations de l’usine de Kansas City seraient transférées du côté de l’Asie, en Thaïlande.

Quelques  heures après cette annonce, le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé que cette décision sera «le début de la fin» pour l’enseigne. Il a prévenu que «l’aura va disparaître et ils vont être taxés comme jamais auparavant», en référence aux tarifs imposés aux motos produites à l’étranger et expédiées vers les États-Unis. Avec AP