Un important glissement de terrain est survenu sur une propriété du chemin des Pins à Trois-Rivières.

Important glissement de terrain: des propriétaires doivent quitter leur maison

TROIS-RIVIÈRES — Un couple de Trois-Rivières a dû quitter sa résidence de façon définitive le 14 février en raison d’une série de glissements de terrain qui ont grugé une grande partie de sa propriété située dans le secteur de Saint-Louis-de-France.

Yves Larouche habite le chemin des Pins, un secteur reconnu pour l’instabilité du sol. La journée de la Saint-Valentin a été mouvementée pour lui et sa conjointe. Les deux personnes sont des sinistrés d’un glissement survenu il y a moins d’une semaine et qui a emporté notamment l’installation privée d’alimentation en eau potable. Leur maison est rendue trop dangereuse pour être habitée.

«J’ai perdu entre 100 et 150 pieds de terrain. Mon garage est près de tomber dans le précipice, ma maison qui est plus loin sur le terrain est déclarée dangereuse. Donc, on doit quitter», mentionne M. Larouche.

Sébastien Doire, directeur régional de la Sécurité civile, confirme que les propriétaires ne pourront plus habiter leur maison.

«C’est un dossier qui date de 2018. On parle d’un glissement en progression et ça s’est agrandi. C’est un secteur sous haute surveillance par les spécialistes. Il y a un danger pour les gens. On veut s’assurer que personne ne sera blessé. La maison n’est plus habitable, car il y a un danger potentiel avec le glissement de terrain qu’on a eu et les apparitions de trous. Est-ce qu’on prend la chance de voir quelqu’un disparaître dans un trou? Il y a un danger, on doit prendre action et c’est ce qu’on a fait.»

M. Doire connaît bien les lieux. Il s’y est rendu l’automne dernier et se souvient d’avoir vu de l’eau couler dans le talus.

«C’est rare à ce temps-ci de l’année qu’on a des mouvements de sol, car le sol est gelé. Le secteur a beaucoup d’eau. Il doit y avoir des sources d’eau ou une nappe phréatique.»

C’est aussi la lecture de la situation faite par Yves Larouche. Ce dernier mentionne qu’une source d’eau coule à une trentaine de pieds de profondeur à cet endroit.

«Ça crée un vide, ça mine le sol et ça s’effondre. Le printemps s’en vient, il y aura encore plus d’eau, donc ça va être plus dangereux», ajoute le sinistré.

M. Larouche souhaite obtenir les autorisations nécessaires de la part de la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour aménager une maison plus loin sur sa propriété. Étant donné que les glissements de terrain ne sont pas couverts par les assureurs, il devra miser sur la contribution du programme d’aide financière offert aux sinistrés par le ministère de la Sécurité publique du Québec.

«Ces gens seront rencontrés par les membres de l’équipe de l’aide financière pour voir la suite du dossier, ajoute M. Doire. Ma préoccupation est de m’assurer de leur sécurité.»

Un secteur à problèmes

Le chemin des Pins, à la hauteur du ruisseau Bellemare, est un secteur à problèmes, confirme le coordonnateur des relations avec le milieu de la Ville de Trois-Rivières, Guillaume Cholette-Janson.

«Il y a eu des affaissements. La Ville a remplacé le ponceau en 2018. En 2019, on a vu des cratères. Le ministère des Transports du Québec et le ministère de la Sécurité publique font des analyses pour voir ce qui en est, car le chemin est fermé depuis un an en raison des risques d’affaissement. On a vu des affaissements en bordure du chemin des Pins en mai 2019. On est en attente des rapports.»

Si la Ville de Trois-Rivières désire obtenir les rapports des experts concernant cette portion du chemin des Pins, c’est qu’elle veut s’assurer de miser sur une structure de sol suffisamment solide avant de réparer la route.

M. Cholette-Janson assure qu’aucune résidence du chemin des Pins n’est isolée en raison de la fermeture d’une portion de cette route.