Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité, Jean Boulet, entend maintenant rencontrer la partie patronale.

«Il ne faut pas jouer avec le feu»: le ministre Boulet lance un appel au compromis concernant l'ABI

BÉCANCOUR — Lors d’une rencontre qui aura duré moins d’une heure avec le Syndicat des Métallos, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité, Jean Boulet, a prévenu vendredi les représentants du millier de lockoutés à l’ABI «qu’il ne faut pas jouer avec le feu», évoquant la demi-série de cuves à l’usine de Bécancour ainsi que le marché de l’aluminium.

«L’écoulement du temps, c’est ce qui me préoccupe. Il n’est pas impensable de croire que la compagnie puisse décider de cesser les opérations. On ne peut pas se permettre une telle éventualité. Il faut préserver cette entreprise-là, son avenir est vraiment ce qui me préoccupe le plus», a-t-il fait savoir tout en annonçant une rencontre avec les représentants de la partie patronale en début de semaine pour déterminer la suite des choses.

Vendredi, les dirigeants syndicaux lui ont réitéré leur volonté de négocier pour en arriver à une entente. Malgré son souhait de voir l’hypothèse de règlement être soumise au vote des syndiqués, il leur a dit respecter leur décision de ne pas le faire. 

Or, selon certaines sources, cette position des Métallos serait contestée dans les milieux syndicaux au Québec. «Je n’ai aucune information dans ce sens-là», a toutefois indiqué le président de la section locale 9700, Clément Masse.

Par ailleurs, celui-ci trouve que le spectre de fermeture évoqué par le ministre Boulet ne fait que créer de la tension et de la pression sur les syndiqués «qui n’est pas nécessaire».

«C’est son opinion. Ce message de fermeture n’est jamais venu de l’employeur, il est toujours venu de gens qui ne sont pas propriétaires ou actionnaires de l’ABI. Même la semaine passée, Roy Harvey a encore mentionné que c’est une usine très compétitive, qu’ils ont l’intention d’investir dedans», souligne-t-il. 

Lors de la rencontre, le dirigeant syndical a expliqué au ministre «pourquoi l’hypothèse de règlement ne faisait pas». «On lui a dit qu’on ne le considère pas comme un médiateur dans le dossier, compte tenu de la prise de position de son gouvernement. On est prêt à négocier, mais avec un médiateur du ministère qui est neutre. Et ça nous prend un employeur qui veut négocier», a précisé M. Masse.

«Je leur ai mentionné que dans l’hypothèse de règlement, il y a des demandes de concessions exigées des deux parties et il y a des gains pour les deux parties. Même l’employeur a dit que ça implique de la flexibilité par rapport à sa position. Je me fie encore à l’hypothèse de règlement comme contribution pour permettre aux parties de se rapprocher, reprendre les discussions. Je considère encore que c’est un pas en avant. L’employeur n’est pas totalement d’accord avec tous les éléments de l’hypothèse, le syndicat non plus, mais à un moment donné, quand tu négocies, il faut que tu fasses des compromis. Je fais un appel au compromis», affirme pour sa part le député de Trois-Rivières.

Celui-ci avait d’ailleurs convoqué cette rencontre avec le Syndicat dès que l’employeur a fait connaître mercredi son ouverture face à l’hypothèse de règlement. «Suite à la réaction patronale, je les ai invités, avant qu’ils réagissent, à une rencontre pour discuter de la suite des choses. Ils ont décidé de sortir et de réagir comme ils l’ont fait, j’étais particulièrement étonné. J’aurais aimé ça travailler en amont pour donner des précisions car une hypothèse de règlement, c’est une proposition», a déploré M. Boulet.

Ce dernier dit demeurer en mode action. «Je leur ai expliqué c’était quoi mon rôle, que je voulais les aider, les accompagner, je leur ai dit tout ce que j’avais fait. Je suis totalement d’accord avec votre volonté de négocier, mais ça fait 15 mois. Je vous ai donné les meilleurs outils que je ne pouvais pas avoir à ma disposition et ça ne donne pas de résultats. Que vous me répétiez constamment que vous voulez négocier, c’est beau, mais il faut mettre un terme à ça. Ça fait 15 mois, il y a des répercussions importantes. C’est un conflit privé, mais qui est devenu d’intérêt public en raison des répercussions, c’est ce qui m’impose un impératif d’agir et d’intervenir et d’aider», a-t-il conclu.