La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, n'a pas voulu commenter directement l'arrestation d'un journaliste par le Service de police de la Ville de Gatineau.

Il faut «préserver» la liberté de presse, dit Vallée

La liberté de presse étant à «la base d’une société démocratique», il faut «s’assurer de la préserver», estime la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Interrogée lundi matin en marge d’une conférence de presse tenue à Gatineau, la ministre Vallée n’a pas voulu réagir au cas spécifique du journaliste de Radio-Canada Antoine Trépanier, arrêté la semaine dernière par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) après avoir été visé par une plainte pour harcèlement criminel dans le cadre de son travail. «Vous comprendrez qu’en raison de mes fonctions et compte tenu du fait que le dossier est actuellement soumis pour étude au Directeur des poursuites criminelles et pénales, je vais m’abstenir de commenter, mais soyez certains que j’ai une opinion», a-t-elle répondu.

Sans vouloir commenter ce cas précis, Mme Vallée a tout de même rappelé que la liberté de presse est un enjeu «très sensible au Québec, comme au Canada». «C’est un sujet qui est très émotif, mais en même temps qui assure les échanges dans une démocratie, a souligné la ministre de la Justice. C’est à la base d’une société démocratique, alors c’est certain qu’on doit s’assurer de la préserver.»

Stéphanie Vallée n’a pas voulu se prononcer sur la position du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qui a déclaré vendredi que «si on devait être devant une faiblesse de la loi et de sa capacité à protéger le droit des journalistes à faire leur travail, il faudra changer la loi».

«Je ne veux pas commenter ce dossier-là, mais je vous dirais que la jurisprudence de la Cour suprême est quand même assez éloquente», a répondu la ministre.

Dans une lettre ouverte publiée en fin de semaine dans La Presse+, l’avocat et docteur en droit constitutionnel Alain Robert Nadeau soulignait que l’arrestation d’un journaliste agissant dans le cadre de ses fonctions représente «une atteinte extrêmement grave à un [...] droit constitutionnel fondamental: la liberté de la presse». Me Nadeau ajoutait notamment que l’interrogatoire ou l’arrestation «d’un journaliste sans enquête et sans avoir obtenu l’autorisation judiciaire» représente une «banalisation du droit» ayant «un effet refroidissant et inacceptable sur le travail journalistique».