L’accusé avait profité de l’état d’ébriété avancé de la victime pour avoir une relation sexuelle avec elle.

Il écope de cinq mois de prison pour l'agression d’une femme inconsciente

L’absence de consentement avant une relation sexuelle est au coeur d’une sentence prononcée mercredi au palais de justice de Granby.

Un homme de 28 ans de Roxton Falls faisait l’objet d’une accusation d’agression sexuelle pour avoir eu une relation non protégée avec une femme qui, au moment de l’acte, était dans un état d’intoxication avancé.

Les faits remontent à une nuit d’octobre 2016. À la sortie d’un bar, Micha Boileau Trachy raccompagne une voisine à son appartement pour « prendre un dernier joint ». La femme avait consommé beaucoup d’alcool, tout comme lui.

Ils fument du cannabis et une amie de la victime les quitte en avertissant M. Boileau Trachy de ne « pas y toucher », un conseil que le père de deux enfants ne suivra pas, a relaté le juge Paul Dunnigan, de la Cour du Québec.

Interruption

Après l’avoir reconduite dans son lit, il entame un rapport sexuel avec la femme inconsciente sans son consentement jusqu’à ce que celle-ci se réveille et l’enjoigne d’arrêter, ce qu’il fait. Confronté par la suite, il exprime du regret et dit ne se souvenir de rien.

De son côté, la victime a indiqué à l’enquête préliminaire avoir vécu beaucoup de stress à cause de cet événement, en avoir fait des cauchemars et avoir manqué des journées de travail.

Pour sa part, M. Boileau Trachy a dit avoir interprété certains comportements de la femme comme une invitation, ce qu’il reconnaît aujourd’hui comme étant une lecture machiste de la situation. Il a aussi soutenu ne pas avoir eu d’intention sexuelle lorsqu’il l’a d’abord suivie chez elle.

Il a également mentionné avoir eu une enfance difficile marquée par un père autoritaire et violent, de nombreux séjours en famille d’accueil ainsi qu’un premier contact malsain avec la sexualité.

Facteurs atténuants

Citant une évaluation de l’accusé, la juge Dunnigan a précisé qu’il n’avait pas de déviance sexuelle et que son risque de récidive était faible. Il a aussi pris en considération l’absence d’antécédent judiciaire de M. Boileau Trachy, le fait qu’il a plaidé coupable et évité la tenue d’un procès, qu’il ait des regrets et qu’il était lui aussi en état d’ébriété au moment du crime.

« La conscience de ses gestes reste à parfaire, bien qu’elle est amorcée », a dit le juge Dunnigan.

Pour toutes ces raisons, il a condamné l’accusé à cinq mois de prison et, à sa sortie, à exécuter 100 heures de travaux communautaires tout en respectant une probation. Il lui sera aussi interdit de communiquer avec la victime.

La Couronne, représentée par Me Élise Côté-Lebrun, suggérait une peine de 18 à 20 mois de prison, tandis que Me Serge Michon, à la défense, proposait 90 jours de prison à purger de façon discontinue.