L’homme de 45 ans, arrêté jeudi dernier pour des gestes de violence conjugale à Pointe-du-Lac, était de retour devant le tribunal mardi.

Il aurait déchargé un fusil à plombs sur sa conjointe

Trois-Rivières — Un homme de 45 ans, arrêté jeudi dernier pour des gestes de violence conjugale à Pointe-du-Lac, était de retour devant le tribunal, mardi, pour tenter de reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires.

On sait que son arrestation avait entraîné un important déploiement policier en raison de la présence d’armes à l’intérieur de la maison. Et non sans raison. Dans le cadre de l’enquête sur caution, on a pu apprendre que le suspect, dont on doit taire l’identité pour protéger celle de la victime et des enfants, avait en sa possession huit fusils à plomb, un fusil de calibre .12 , une arme de calibre .22, une arbalète et une arme à impulsion électrique, sans compter de nombreuses munitions. Tel que l’a relaté l’enquêteur Jean-Pascal Héroux, ces armes étaient disposées un peu partout dans la maison de façon non conforme ni sécuritaire.

Le suspect aurait d’ailleurs utilisé ces armes pour se livrer à des gestes de violence et des menaces contre sa conjointe, et ce, à quelques reprises en déchargeant notamment un fusil à plombs sur elle ou en la menaçant d’utiliser son fusil de calibre 12 . Encore là, les policiers ont retrouvé des plombs un peu partout dans la maison.

Dans le cadre d’une déclaration de la présumée victime aux policiers, elle aurait avoué que c’est elle-même qui tentait tant bien que mal d’enlever les plombs logés dans sa peau, non sans grande souffrance. Coincée dans le cycle de la violence conjugale, elle aurait affirmé avoir refusé de se rendre à l’hôpital. Toujours selon l’enquêteur Héroux, elle avait peur de son conjoint et ignorait ce qu’elle dirait au personnel médical pour justifier ses blessures.

La violence se serait également manifestée par des coups de poing et des coups de pied. En 2014, il lui aurait fracturé une cheville avec un bâton de baseball. Plus récemment, soit le 27 décembre dernier, il lui aurait lancé un couteau sur le corps, lui infligeant ainsi une lacération. Et le 24 janvier dernier, il aurait de nouveau déchargé son fusil à plomb en sa direction.

Les textos menaçants qu’il lui aurait envoyés le lendemain auraient été la goutte ayant fait déborder le vase. C’est à ce moment que la femme s’est décidée à faire appel à la Sûreté du Québec pour porter plainte parce qu’elle craignait pour sa sécurité et celle de ses enfants. L’assistance des policiers de Trois-Rivières a alors été demandée pour arrêter l’individu pendant qu’il se trouvait dans la maison.

Ce couple vivait ensemble depuis 19 ans. Selon la dénonciation judiciaire, les premiers événements délictuels remonteraient à 2002 mais ils se seraient aggravés après que le suspect ait subi un accident de moto en 2013. Toujours selon la preuve présentée par la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, leurs quatre enfants, âgés entre 18 mois et 17 ans, auraient été témoins de la violence conjugale. Même si l’enquête n’est pas encore terminée, les autorités croient qu’ils en auraient aussi été victimes. Même le chien de la famille n’y aurait pas échappé, en étant atteint de plusieurs plombs dans le corps. C’est du moins ce qu’on peut apprendre dans un texto envoyé par le prévenu à sa conjointe.

Selon l’enquêteur Héroux, le suspect ne travaillait plus depuis son accident de moto. C’est lui qui s’occupait de la maison et des enfants pendant que sa conjointe subvenait aux besoins de la famille. Il a d’ailleurs signalé le désordre qui régnait dans la maison, photos à l’appui.

Lorsqu’il a été contre-interrogé par l’avocate de la défense, Me Jocelyne Duplessis, il a par ailleurs admis que le suspect avait déclaré, lors de son arrestation, avoir besoin d’une bonne médication. Il pourrait en effet souffrir d’un TDAH, d’anxiété sans compter les séquelles de son accident de moto.

Par contre, ses antécédents judiciaires remontent bien avant son accident. En 1999, il avait été déclaré coupable de voie de fait, d’agression armée et d’avoir braqué une arme sur une autre femme, toujours dans un contexte conjugal.

Son enquête sur caution va se poursuivre mercredi devant la juge Dominique Slater. Il pourrait alors témoigner.

Rappelons qu’il est accusé de voies de fait armées, de voies de fait causant des lésions corporelles et de menaces de mort contre sa conjointe, de plusieurs infractions en lien avec la possession d’armes et leur entreposage et de bris d’engagements.