Hypothèse de règlement: le syndicat de l'ABI dit non

Bécancour — Après analyse, la direction de l’Aluminerie de Bécancour répond positivement à l’hypothèse de règlement soumise par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet. Du côté du syndicat, on déplore que «l'hypothèse de règlement se révèle être pratiquement un copié-collé de la dernière offre de l'employeur», tout en rajoutant ne pas vouloir commenter les détails de l'entente soumise par le ministre.

«On a fait un grand pas en avant. On est de retour sur les rails. On est peut-être plus près que loin du but. On va attendre de voir la réaction du syndicat, je ne veux leur imposer une réaction, je vais respecter leur processus démocratique, mais j’espère que la réaction de la compagnie va justifier que le syndicat décide d’aller consulter ses membres», avait commenté le ministre Boulet plus tôt en journée.

Selon la partie patronale, bien que l’hypothèse demande de la flexibilité sur la position de négociation d’ABI, elle constitue une étape positive pour parvenir à une entente. 

«ABI espère que la partie syndicale la considérera aussi comme un cadre de travail pour une entente finale qui mettra fin au conflit de travail qui perdure depuis quinze mois et permettra d’entamer le processus de redémarrage de l’aluminerie», a fait savoir par voie de communiqué la porte-parole, Anne-Catherine Couture.

Les propos de l’entreprise réjouissent le ministre Boulet. «C’est ce que je souhaitais quand j’ai soumis mon hypothèse de règlement, je voulais dénouer l’impasse, je voulais permettre aux parties de faire un grand pas en avant», a-t-il ajouté.

Quelque 1030 travailleurs ont été mis en lock-out, le 11 janvier 2018, par la direction de l'aluminerie, au lendemain de leur rejet des offres finales de l'employeur.

D'innombrables tentatives de rapprochement des parties - médiation, médiation spéciale, rencontres avec les ministres du Travail libéral puis caquiste, rencontres avec le premier ministre François Legault - ont échoué jusqu'ici. Le syndicat avait également proposé l'arbitrage, ce que la direction avait refusé.

De guerre lasse, le ministre Boulet a finalement tenté le tout pour le tout en soumettant aux deux parties une hypothèse de règlement, le 17 avril. Celle-ci aborde les salaires, le régime de retraite, les mouvements de main-d'oeuvre, la réorganisation du travail, la sous-traitance, les libérations syndicales et la durée de la convention collective, avait-il pris la peine de souligner.

«Je requiers des concessions des deux parties», avait ajouté le ministre du Travail. Or, la réaction du syndicat face à la proposition du ministre laisse entrevoir un retour à la case départ. Celui-ci affirme en effet être ouvert «à négocier avec l'employeur pour arriver à une entente à la satisfaction des deux parties, comme cela est le cas depuis le début du conflit». Par voie de communiqué, le syndicat affirme que les syndiqués auront l'occasion de prendre connaissance de l'hypothèse de règlement soumise par le ministre Boulet. On ne mentionne toutefois pas que ceux-ci auront l'occasion de se prononcer sur ladite hypothèse. L'impasse demeure.

ABI est propriété à 75 pour cent d'Alcoa et à 25 pour cent de Rio Tinto.