Hedley et le chanteur Jacob Hoggard, en concert à Halifax vendredi dernier

Hedley visite Québec dans la controverse

Au lendemain de nouvelles allégations d’inconduites sexuelles dirigées vers son chanteur, Jacob Hoggard, la formation canadienne Hedley s’est amenée à Québec dans la controverse, lundi.

Une première partie annulée, une longue tergiversation à savoir si les médias seraient admis ou non dans le bâtiment (la permission est finalement arrivée autour de 16h)… Ce n’était pas une journée habituelle, lundi, dans les coulisses de l’amphithéâtre. 

En après-midi, l’équipe du Centre Vidéotron a fait savoir sur les réseaux sociaux que l’horaire de la soirée serait chamboulé par l’annulation de la première partie du spectacle, qui avait été confiée à la formation ontarienne LITEYEARS. 

Ce n’est pas la première fois que les membres de Hedley, ciblés depuis plusieurs jours par une série d’allégations d’inconduites, se voyaient délestés d’un participant à leur tournée Cageless. Le 16 février, le groupe d’Halifax Neon Dreams, qui devait aussi chauffer les planches pour Hoggard et ses collègues, a préféré se retirer. «Nous comprenons que ce choix pourrait avoir des répercussions professionnelles négatives, mais au final, nous devons faire ce que nous croyons moralement juste», avait alors justifié la formation sur Facebook. 

Hedley se trouve dans l’eau chaude depuis l’émergence du mot-clic #outHedley2k18, utilisé par plusieurs internautes pour dénoncer des comportements inappropriés qu’auraient eus ses membres. Le groupe a tour à tour été largué par les organisateurs du gala des prix Juno (qui a préféré annuler sa prestation), par son équipe de gérance et par de nombreuses stations de radio. 

Dimanche, une femme de 24 ans originaire d’Ottawa a de façon anonyme accusé le chanteur Jacob Hoggard de viol dans un reportage de la CBC. Selon son récit d’événements remontant à 2016, elle se serait rendue de son plein gré dans la chambre d’hôtel du chanteur, à Toronto, afin d’avoir une relation sexuelle, mais aurait plus tard retiré son consentement. Elle n’a jamais porté plainte à la police. Par la voix de son avocat, Hoggard a de son côté plaidé le côté consensuel de la relation. 

Le 14 février, les membres de Hedley ont utilisé les réseaux sociaux pour se défendre, soulignant avoir adopté par le passé «un mode de vie ayant inclus certains clichés rock’n’roll». «Toutefois, il y avait toujours une ligne à ne pas franchir», soulignaient-ils aussi.

Selon nos informations, quelque 2500 billets avaient trouvé preneurs pour le spectacle de lundi au Centre Vidéotron. Avec encore 17 concerts à l’agenda du groupe, la tournée canadienne Cageless doit se poursuivre jusqu’au 23 mars.